Yalaoui Idris, PCA Tonic Industrie : «L’entreprise a les moyens de s’en sortir »

Yalaoui Idris, Président du Conseil d’Administration de Tonic Industrie, aborde dans l’entretien qu’il a accordé à DZEntreprise.net, la situation de cette entreprise qui connait moult difficultés depuis quelques années déjà. Salaires impayés, relance de la production, révision de l’organigramme, la reprise des exportations vers les pays limitrophes, le partenariat, la joint-venture entre Tonic est Giplait,  et les relations avec le partenaire social sont autant de sujets développés dans l’entretien qui suit.

Après un arrêt de plusieurs mois, Tonic industrie vient d’exporter  6 milles ballots d’alvéoles, soit 600 000  plateaux d’œufs vers la Tunisie, est-ce vraiment la reprise de l’activité export? 

Yalaoui Idris : Cette première opération, depuis notre installation à la tête de Tonic Industrie  et la troisième pour cet exercice,  s’inscrit dans le cadre du programme 2019, qui, pour diverses raisons n’a pas été respecté. La reprise de l’activité export témoigne de notre volonté de placer nos produits, dont la réputation n’est plus à faire, sur le marché international en général et le marché africain en particulier. D’autant qu’en ce qui concerne les pays limitrophes nous avons les moyens de notre politique puisque Tonic Industrie dispose d’une flotte importante de moyens et de logistique.

Quels sont les produits que vous souhaitez placer sur les marchés extérieurs ?

Yalaoui Idris: Presque tous nos produits, je vous cite le papier tissu, le papier sanitaire et domestique en bobines fabriqués  à partir de fibres recyclées. Les sacs  petite et moyenne contenance  pour la viennoiserie, les gobelets à usages alimentaires différents calibres. Tonic industrie à des clients étrangers qui s’impatientent et nous travaillons à mettre en place un mécanisme efficace pour répondre à la demande dans les temps et avec un produit de qualité. Notre objectif est d’alimenter la Tunisie et la Lybie.

Autre dossier que vous avez relancé depuis que vous êtes à la tête de Tonic industrie  c’est celui du partenariat avec les saoudiens, un dossier en cours depuis plus de 10 ans, allez-vous finalement conclure ?

Nous sommes à la phase finale des négociations avec les saoudiens, nous avons tenu le 09 octobre dernier une réunion avec ce partenaire,  et une autre la semaine dernière, nous avons finalisé, reste à rédiger le protocole d’accord pour ce partenariat de location gérance.

Pourquoi cette formule et pour quelle unité ?

Yalaoui Idris: Pour simplifier les procédures ! C’est entre eux et  nous, j’ai proposé cette formule pour aller vite, s’il faut créer une nouvelle entreprise, cela va prendre beaucoup de temps vu que les procédures sont longues et ardues. Avec cette formule la relation est simple, ils prennent en charge toute l’unité de fabrication de carton ondulé et nous donnent en retour une location. D’ailleurs je saisi cette occasion pour rappeler que Tonic Industrie dispose des meilleurs équipements en ce qui concerne l’industrie du papier. Equipements, qu’il suffit juste de remettre en marche !

A combien allez-vous louer cette unité et  pour combien de temps ?

La durée n’est pas encore fixée, mais ce sera pour 5 ou dix ans. Nous avons également un autre partenariat avec  un groupe algérien, Giplait. C’est un projet sur lequel nous avons très bien avancé, nous avons fait des essais et sommes en voie de création de cette nouvelle entité qui aura une capacité de 600 mille boites jours. C’est une joint-venture entre Giplait et Tonic Industrie qui démarrera dans au plus tard le 2er trimestre 2020.

La station d’épuration est souvent objet à problème, Tonic Industrie a été et à maintes reprises rappelé à l’ordre par le ministère de l’environnement,  qu’est  ce qui été fait pour qu’elle soit à nouveau opérationnelle?

C’est un problème réglé. Le plus gros des équipements a été remis en marche et le délégué de l’environnement sommé de prendre ses responsabilités.

Vous êtes arrivés à la tête de Tonic industrie dans un contexte très difficile, salaires impayés, unités bloquées….

Je rappelle d’abord que Tonic-industrie connait d’énormes difficultés, en raison de la pléthore de personnel, d’énormes charges et un surendettement. La masse salariale est de 14 milliards de centimes par mois. Pour qu’il y ait un équilibre de gestion, l’entreprise doit faire plus de 35milliards de centimes de recettes par mois. Il y a un gros passif et pour le résorber il faut produire. C’est faisable, puisque l’expertise que nous avons fait, pour dégager notre plan d’action fait ressortir qu’il y a un réel potentiel.

Comment comptez-vous l’exploiter ?

Les compétences techniques de qualités existent, les directeurs d’unités sont des ingénieurs qui ont un savoir-faire inégalé mais qui ont des lacunes sur le plan managérial. Notre plan de redressement comprend la mise à niveau en coaching de ses directeurs.

Le plan  d’action minutieusement préparé avec l’aide d’un bureau d’expertise, enrichie par  un  conseil d’administration composé d’experts et d’hommes d’expérience  est en début d’exécution

Vous êtes à la tête de Tonic industrie depuis la fin  juin 2019, ce plan de redressement  commence-t-il à donner des résultats ?

Les résultats commencent  à arriver et les principaux clients sont approvisionnés, les principaux partenaires reprennent  confiance  et renouent  les contacts et enfin les camions  de Tonic industrie commencent de nouveau à circuler pour livrer les marchandises.

Les  salaires bien  que partiels ont été payés aux salariés aux revenus les  plus faibles  pour relancer la motivation et se mobiliser d’avantage.

L’objectif de ce plan  réside dans la remise au travail de salariés abandonnés depuis quelques années dans un non gestion de la GRH et c’est là où se situe tout le mal que la nouvelle équipe dirigeante  a pris en charge  avec beaucoup de difficultés car les mauvaises habitudes se sont durablement installées.

Avez-vous des difficultés à mettre en place le plan de redressement, le partenaire social suit –il ?

Yalaoui Idris: Des difficultés nous en rencontrons toujours, il n’est pas facile de venir à bout de mauvaises habitudes d’autant que l’entreprise à une pléthore de personnel, et que certains ont pris leurs aises…. Nous sommes arrivés avec le travail de concertation à faire adhérer le partenaire social.  Je vous rappelle que dès que nous avons touché aux parcs moyens, donc à des intérêts personnels, nous avons eu une grève de 30 jours.  Nous avons aussi des réticences quand nous avons revu l’organigramme, nous avons trouvé 22 directions dont une bonne partie non opérationnelles. Pour résumer, nous sommes en train de revoir tout le fonctionnement de l’administration et  celui des unités. Cela va se faire, avec des difficultés certes, mais notre objectif est de mettre en œuvre progressivement avec des fiches de missions et des objectifs arrêtés pour chaque fonction, le plan d’action pour redonner à Tonic industrie la place qui est la sienne.

Entretien réalisé par S.A.

 

 

 

 

 

 

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