Projet LFC 2020: Les orientations de Slimane Chenine

Le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a annoncé, hier, en marge de l’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée populaire nationale (APN), que l’avant-projet de loi de  Finances 2020 sera soumis au gouvernement la semaine prochaine. Et si le ministre n’a donné aucun détail sur l’avant-projet de loi en question, se contant de dire que «les détails seront connus le moment opportun», il n’en demeure pas moins que, dans son allocution, le président de l’APN, Slimane Chenine, a estimé «important que la prochaine loi de Finances ne comporte pas de hausses impactant le pouvoir d’achat des citoyens, tout en préservant les grands équilibres de l’Etat».

Slimane Chenine, a, par ailleurs, averti que «la situation économique du pays était de plus en plus tendue. Aujourd’hui, la prudence est requise quant à la situation économique de plus en plus tendue suite aux politiques inopérantes suivies par le passé, et qui étaient basées sur le monopole et l’économie de rente profitant à une clique au détriment du reste des citoyens».

Slimane Chenine, le président de l’APN s’adressait au Premier ministre, Noureddine Bedoui et les membres de son gouvernement. Il dira clairement que «la situation économique est aggravée encore par l’attentisme, l’absence d’esprit d’initiative et la frilosité excessive», non sans souligner «l’accompagnement des entreprises économiques pour la reprise de leurs activités et le traitement de tout ce qui est susceptible de les entraver à travers des solutions économiques et non seulement administratives (…) On doit tenir compte de la situation sociale difficile que connaît le pays avec le régression du pouvoir d’achat et le recul de certains indicateurs économiques».

Exercice difficile pour le gouvernement, la prochaine loi de Finance suscite d’ores et déjà de profondes appréhensions au plus haut niveau de l’Etat. En ce sens, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, a donné un avant-goût du contenu de cette loi en instruisant le gouvernement à la rigueur et à la rationalité dans l’élaboration de ce document sans que cela ne se fasse au détriment de la politique sociale de l’Etat. M. Bensalah ira jusqu’à signifier au Premier ministre, Noureddine Bedoui, que cette rigueur devra se faire ressentir particulièrement en terme de dépenses liées au fonctionnement des administrations et des entreprises publiques, insistant sur l’impératif d’éviter les dépenses, économiquement et socialement injustifiées.

«La rigueur et la rationalité, au titre de la loi de finances 2020, quand bien même sont-elles une nécessité impérieuse dictée par la conjoncture difficile au double plan interne et externe, ne doivent pas se faire au détriment de la politique sociale de l’Etat, qui sera maintenue en ciblant les catégories démunies».

A l’épreuve d’un exercice aussi délicat que celui de l’avant-projet de loi de  Finances 2020 tant attendu par les Algériens, le gouvernement devra faire preuve de beaucoup de diligence pour maintenir le rythme de la dépense publique pour satisfaire les besoins des populations et de régir les équilibres financiers à la lumière d’une rente pétrolière qui s’amenuise au fil des mois.

Salim Oukaci

 

 

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