jeudi 15 novembre 2018
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Verbatim 20

Abderrahmane Mebtoul, Expert International :
« Il faut d’abord améliorer le niveau des rémunérations des cadres de la Cour des comptes et leur définir, d’une manière claire, leurs missions dans le cadre de la loi et surtout avoir une institution indépendante à l’instar de l’urgence de l’indépendance de la justice.(…)
Le nombre par la qualité et non la quantité est certes important car actuellement étant dans l’impossibilité d’avoir un contrôle objectif et exhaustif du fait de la faiblesse de leur nombre, mais cela n’est pas une condition suffisante pour avoir un contrôle efficace, lui-même lié aux contrepoids politiques, en fait à la démocratisation de la société.(…)
Dans un rapport publié en octobre 2013 par l’UE, les pairs encouragent la Cour des comptes à résoudre certains problèmes identifiés lors de la revue, notamment, la longueur des procédures et des délais relatifs à certaines prises de décision ; la couverture limitée des contrôles ; le manque de standardisation des méthodes de travail ; la non publication et la diffusion restreinte des rapports de la Cour. La loi algérienne oblige la Cour des Comptes à un rapport annuel dont, en principe, les conclusions doivent être publiques. »

Badreddine Nouioua, ex-Gouverneur de la Banque d’Algérie :
« La convertibilité totale du dinar rendra sans doute de grands services aux uns et aux autres, mais peut-elle être engagée sans beaucoup de risques en l’absence de conditions nécessaires qui permettent son instauration? La référence aux conséquences de ce qui est appelé «la convertibilité courante du dinar», appliquée à l’heure actuelle dans notre pays, qui concerne essentiellement le commerce extérieur de biens et services (facteurs et non facteurs), incite plutôt à la prudence(…)
Certains importateurs, peu délicats, procèdent à des fuites colossales de capitaux au moyen de surfacturations, de fausses importations et d’autres procédés. L’importance des comptes ouverts par des Algériens auprès de banques à l’étranger, les achats de biens immobiliers en Espagne, à Paris, où le prix du mètre carré est exorbitant, ou ailleurs, indiquent l’ampleur des saignées que subit le pays. (..)
Ces temps-ci, la question de la convertibilité totale du dinar n’est ni abordée ni évoquée au niveau des responsables, lesquels hésitent encore à assouplir seulement le contrôle des changes, ne serait-ce que pour limiter le recours des citoyens honnêtes au marché parallèle de devises. »

Farid Yaïci, Professeur en économie à l’université de Béjaïa :
« Il est indéniable que des efforts louables ont été consentis par les pouvoirs publics, en rapport avec l’augmentation des recettes des hydrocarbures, notamment dans les domaines des infrastructures et du développement social. Ainsi, sur la période 2000-2011, le budget de l’Etat a été multiplié par sept.(…)
La frénésie, qui a caractérisé l’extraction et l’exportation du pétrole brut et du gaz naturel, a eu pour conséquence, d’une part, des phénomènes de corruption et de gaspillage des ressources en contexte de faiblesse des capacités d’absorption de l’économie et, d’autre part, un déclin durable depuis l’année 2006 de la production des hydrocarbures sans que les nouvelles découvertes n’arrivent à compenser cette déplétion. (…)
Plusieurs solutions peuvent être envisagées. L’Etat peut, par exemple, mettre en place un dispositif de ciblage des populations vulnérables à la place d’une aide généralisée à toute la population à travers les soutiens des prix aux produits dits sensibles (sucre, huile, lait, céréales, etc.).
Il peut aussi décider d’un transfert progressif des subventions de certains produits importés vers des productions nationales de substitution, le temps que celles-ci deviennent compétitives. »

Bouras Mimoune, Directeur du commerce de la wilaya d’Alger :
« Nous avons préparé un plan d’action qui sera mis en place dès le début de cette saison. Le contrôle sera aussi très sévère sur la production des produits de large consommation à haut risque de péremption, d’altération et d’intoxication.
Nos 321 brigades de contrôleurs veilleront à la mise sur le marché des produits du producteur au consommateur, ainsi qu’à la prise d’échantillons pour analyses. (…)
Notre but majeur est d’éviter les intoxications alimentaires en renforçant le contrôle des commerces implantés dans les communes côtières où le nombre de consommateurs est très important durant cette saison. La santé de nos concitoyens est notre priorité.(…) Parce que le consommateur a une grande part de responsabilités, des campagnes de sensibilisation et d’information, lancées quelques jours avant le début du mois sacré, viseront à l’informer sur son comportement lors de son approvisionnement quotidien ainsi qu’aux problèmes auxquels il est préalablement confronté.(…)
L’éradication du marché parallèle est une affaire d’Etat et ne concerne pas seulement le secteur du commerce, mais aussi plusieurs autres parties dont, essentiellement, les forces de l’ordre . »

Mustapha Mekideche, Economiste, spécialiste en énergie :
« La question aujourd’hui est la suivante : l’Algérie a-t-elle les capacités financières pour maintenir son train de vie actuel ? Car notre pays vit au-dessus de ses moyens. L’industrie ne couvre pas nos besoins et on continue d’importer massivement les produits finis. Avec le recul des recettes d’hydrocarbures, nous allons arriver à un moment où il sera impossible, mathématiquement, de financer notre modèle économique. (…)
Pour les subventions, il faut poser le problème, ouvrir un grand débat. Il ne faudrait pas agir d’une façon brutale, mais en introduisant des changements progressifs pour éviter des ruptures violentes qui seront provoquées par les hausses des prix des produits de large consommation.
Il faut revoir la politique des subventions pour qu’elles profitent aux groupes sociaux les plus vulnérables et stopper la contrebande aux frontières.
On a beau mettre des douaniers aux frontières de l’Ouest, le carburant va passer de l’autre côté. Le coût du carburant chez notre voisin de l’Ouest est neuf fois supérieur à celui en vigueur en Algérie.
C’est pareil pour les autres produits subventionnés, comme le pain. »