mardi 13 novembre 2018
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Verbatim 05

Salah Mouhoubi : Economiste

« Lancer un plan de relance de l’économie signifie clairement que l’économie est en panne. L’Algérie s’est consacrée à développer des infrastructures, mais pas à créer des richesses.
Cette politique a montré ses limites, puisque les secteurs producteurs de richesses comme l’industrie et l’agriculture ne représentent que 5% et 7% du PIB respectivement.
Le programme quinquennal du Président prévoit des actions pour relancer l’économie, notamment dans ces deux secteurs, et des sommes colossales leur ont été octroyées-environ 3000 milliards de dinars- (…) Je trouve que la démarche des pouvoirs publics est incohérente.
On ne peut pas vouloir relancer l’économie nationale en mettant une croix sur l’investissement étranger, parce que la règle des 51/49 n’incite guère ces investisseurs à venir. Or, sans eux, l’Algérie n’aura pas d’économie hors- hydrocarbures et n’exportera pas.
Il faut revoir cette formule, car la décision de la maintenir est complètement irrationnelle dans le contexte actuel.
Depuis qu’elle a été prise en 2009, il y a eu un tassement des investissements dans le pays . L’Algérie devrait s’adapter aux réalités mondiales.»

Christine Lagarde : Directrice du FMI

L’Algérie se joint à une action concertée entre les créanciers importants pour s’assurer que le FMI dispose de ressources suffisantes afin de lutter contre les crises et promouvoir la stabilité économique mondiale (…) Je me réjouis des engagements pris par les autorités algériennes pour contribuer aux financements supplémentaires du FMI .
L’engagement de l’Algérie démontre sa volonté de soutenir l’effort de coopération en cours pour renforcer la stabilité économique et financière dans l’esprit du multilatéralisme.
Il constitue une contribution aux actions de la communauté internationale, y compris du FMI, visant à endiguer l’impact  de la crise économique et financière globale sur l’ensemble des pays, y compris l’Algérie.
Cette action s’inscrit dans « dans le cadre de la gestion rationnelle des réserves de change.»

Camille Sari : Economiste

« L’Algérie est passée de 9 milliards de dollars d’importation au milieu des années 2000 à presque 60 milliards de dollars, sans compter l’informel. Tout cela aggrave le déficit de la balance commerciale. Or, l’opulence financière ne va pas durer longtemps et les réserves peuvent s’écrouler en 4 ou 5 ans, car rien n’est acquis avec le pétrole.
Cela dit, encourager les importations de véhicules, je comprends que ça puisse servir certains intérêts et je ne pense pas qu’un importateur fasse fortune dans la production ; car, qui dit production, dit investissement, mais aussi création d’emplois…(…) L’Algérie n’a pas une production au niveau national, il faut freiner ces importations.
Quand on parle du marché de l’automobile, on voit une évolution ; avant il y avait les voitures européennes, mais maintenant il y a les voitures chinoises.
Dans le cadre de mon travail, j’ai eu à visiter la ville de Shanshan (nord-est de la Chine) où sont produits les véhicules chinois SAW, je peux vous dire que les coûts sont très bas.»

Youcef Benabdellah : Chercheur au CREAD
« On évince les industriels de fait. Il est grand temps de faire un appel du pied aux industriels en leur accordant des avantages nettement plus importants . C’est la seule manière de décourager les autres. Et cela ne suffit pas, car il faudrait que les règles soient appliquées et l’environnement assaini.
Pourtant, cela fait près d’une décennie que la réforme bancaire et financière a été mise en oeuvre…
La banque, c’est un agent économique comme un autre. Les banques sont réputées commerçantes. Elles-mêmes recherchent leurs profits. Il ne faudrait pas déroger à leur logique. Elles sont faites pour faire du profit.
Ce sont des entreprises commerciales. Mais il faudrait tout simplement produire des informations, des avantages avec discrimination, comme je l’ai dit tout à l’heure, de telle manière qu’elles vont trouver plus profitable de financer un industriel que de financer un commerçant.
Si avec un industriel, elles peuvent gagner 10, bien sûr c’est l’Etat qui va produire cet environnement pour qu’elles gagnent 10, et 1 avec un commerçant, alors toutes les banques se mettront à courir derrière les industries.»

Riad Bensouiah : Expert en développement rural
« Dans le cas de la «filière» ovine, la production n’a jamais été un facteur de prix. Le marché évolue au gré des conditions climatiques, de l’état des parcours steppiques et du volume des stocks des aliments de bétail (en grande partie importés). Au sens économique du terme, l’élevage ovin ne dispose pas de marché, mais d’une niche spéculative qui permet aux maquignons, en l’absence d’une réelle organisation des éleveurs, d’imposer leurs propres règles de fonctionnement.
Les parcours steppiques constituent en ce sens un réel réservoir ou silo permettant de stocker le cheptel, quelle que soit sa taille et au détriment de la charge tolérée en fonction des disponibilités fourragères des parcours, pour le mettre sur le marché durant les périodes les plus propices.
Un simple raisonnement s’impose quand on voit les prix du mouton sur le marché : on se demande où va cet argent ? Ce qui est clair, c’est que les bénéfices ne sont pas perçus dans la zone steppique.
Le niveau de pauvreté est important dans ces zones qui constituent un réservoir de petits éleveurs (la grande majorité des éleveurs de la steppe). C’est pour dire que la valeur ajoutée de l’activité est captée autre part et réinvestie ailleurs.»

Hayet Bouilef : Doctorante – Université Paris Dauphine, inspectrice centrale des impôts
« L’intervention de l’administration fiscale est a posteriori de tous les contrôles, car elle porte sur une autre nature de contrôle qui est relative aux valeurs. A ce stade, son intervention permet soit la validation des valeurs et la teneur des déclarations fiscales, soit elle décèle des écarts en procédant aux régularisations qui s’imposent, généralement par des redressements (financier et non quantitatif) des situations fiscales initialement déclarées.
Cette étape marque ce qu’on peut appeler la «gestion de la fiscalité pétrolière» au sein du système fiscal algérien. Cependant, le traitement de l’assiette fiscale est incontestablement effectué en l’état sur les données renseignées sur les déclarations souscrites par les services financiers de Sonatrach, puisqu’elles sont établies sur la base d’une assiette «quantitative».
Ces données sont donc supposées conformes aux différents contrôles en amont par de différentes institutions intervenantes citées supra, et qui sont habilitées à évaluer des données «quantitatives» ! Tandis que l’administration fiscale se contente du contrôle des «valeurs» y afférentes. »