mardi 13 novembre 2018
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SANOFI : Des technologies de pointe pour une production sans failles

Le complexe de production d’insuline de Frankfurt, l’un des plus grands au monde, a été exceptionnellement ouvert aux journalistes, en octobre dernier, à l’occasion de la tenue d’une rencontre internationale sur le diabète.
Le processus de fabrication est particulièrement complexe depuis la phase multiplication de la bactérie jusqu’à l’extraction du produit.
Celui-ci est minutieusement conservé dans des cuves maintenues à basse température puis conditionné dans des cartouches.

Ces cartouches sont ensuite introduites dans le stylo qui règle automatiquement les doses à fournir au patient.
Les mesures de sécurité sont draconiennes car il faut en même temps protéger l’usine contre toute intrusion étrangère malveillante mais aussi contre les contaminations à l’intérieur des bâtiments sensibles.
Pour cela, les travailleurs eux-mêmes ont l’obligation d’enfiler quotidiennement des tenues protectrices. Certaines ailes sont robotisées plus que d’autres.

Le procédé limite l’intervention humaine et réduit ainsi les risques de contamination ou d’erreurs de manipulation.
Les technologies les plus récentes ont été introduites et c’est, notamment, le cas des engins de transport intelligents qui acheminent de manière autonome du matériel d’un point à un autre selon un itinéraire programmé à l’avance.
Parmi les chaines de production que les responsables de l’usine ont accepté de montrer, celle de la mise en boite est truffée d’appareils de pesage instantané et de micro-caméras «intelligentes» qui guettent la moindre anomalie.

Dans le cas échéant, un dispositif spécial rejette l’unité incriminée sans interrompre le mouvement de la chaine.
« Il faut, explique le guide de la visite, que les produits qui sortent soient conformes à tout point de vue et cela concerne même les indications inscrites sur les emballages car nous avons des exigences et des normes pour chaque pays de destination ».
En effet, les stylos d’insuline comme Lantus, introduits sur le marché depuis 2000, sont expédiés un peu partout dans le monde. Le tout nouveau-né de Sanofi, lancé cette année, le Toujeo est caractérisé par sa haute concentration et il se présente comme étant de meilleure flexibilité.

Pour l’instant, il n’est disponible qu’aux Etats-Unis et en Europe. A partir d’une certaine distance, la livraison se fait toujours par avion car le produit est fragile et sensible. Malgré les automatisations, le complexe Sanofi reste un des plus importants employeurs qui activent sur le gigantesque site industriel où il est implanté, à quelques encablures de la ville.

Sur les 20 entreprises présentes ici, Sanofi occupe une grande surface et emploie 7000 personnes sur les 22 000 recensées. La société mère est aussi parmi les plus anciennes à s’y être implantée et son histoire remonte au début du 20ème siècle.
Elle a connu des évolutions successives depuis mais la plus remarquable reste le passage de la fabrication d’insuline à base de pancréas de cadavres d’animaux à la fabrication à grande échelle avec l’introduction dans le processus de fabrication d’une bactérie transgénique dénommée E. Coli.
C’est grâce aux formidables évolutions scientifiques conjuguées aux avancées technologiques car il aura également fallu concevoir, fabriquer et installer les machines et les équipements qui permettent d’extraire cette insuline.

C’est une partie de l’usine qui s’occupe de cet aspect. Un ingénieur de Sanofi nous explique que depuis la découverte du procédé, plusieurs centres de culture de la bactérie ont été aménagés pour parer à tout risque de pénurie en cas d’accident.
A chaque étape de la transformation correspondent des installations et des équipements qui exigent une surveillance continue.

Pour la conservation, on utilise de l’azote mais pour la transformation, c’est l’urée qui entre en jeu, d’où un intérêt supplémentaire accordé à la sécurité. La recherche scientifique n’est pas en reste et les responsables de Sanofi accordent une importance particulière aux innovations.
A lui seul, le complexe de Frankfurt est également doté d’un hub qui concentre les activités liées à la recherche et développement.

« Nous sommes également, explique Philip Larsen, viceprésident du département recherche et développement, en relation avec plusieurs universités, avec des centres de recherches et avec des réseaux d’innovation ».
Plus de 16 000 personnes sont impliquées dans ce domaine pour un investissement global de 4,8 milliards d’euros couvrant avec le vaccin et la santé animale, l’ensemble des activités du groupe.
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Sanofi par les chiffres :
Présent dans 100 pays avec plus de 110 000 employés (Pharmacie : 93 393, Vaccins : 13 994, Santé animale : 6 109)
• 33,8 Mds €, Chiffre d’affaires 2014 dont 27,72 Mds d’euros pour l’activité pharmacie.
11,347 Mds d’euros sur les marchés émergents, soit le même niveau que pour les Etats-Unis.
• Sanofi est leader dans la fabrication d’insuline mais il est 4ème groupe mondial (2ème en Europe) en termes de ventes.
Sanofi est n°1 dans les marchés émergents avec des ventes supérieures à 11 milliards d’euros en 2014.
• 107 sites de production dont 48 en Europe, 19 en Amérique du Nord, 20 en Asie pacifique, 12 en Amérique Latine et 8 en Afrique-Moyen Orient.
• 4,8 Mds € investis en R&D. Près de 16 500 collaborateurs contribuent à la recherche et au développement de solutions dans le monde
• Jusqu’à 18 lancements de médicaments et vaccins sont attendus entre 2014 et 2020.

L’activité pharmaceutique est spécialisée dans les domaines thérapeutiques suivants :
1. Prise en charge du diabète
2. Les maladies rares (Genzyme)
3. La sclérose en plaques (Genzyme)
4. L’oncologie
5. Maladies cardiovasculaires

Suppression d’une centaine de postes chez Sanofi

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Grâce à un recentrage de son portefeuille, en procédant à la suppression d’une centaine de postes en France sur trois ans et un possible abandon de la santé animale et les médicaments génériques en Europe, le géant pharmaceutique Sanofi vise à économiser 1,5 milliard à l’horizon 2018.

« La mise en oeuvre de notre feuille de route stratégique devrait se traduire par la suppression de quelques centaines de postes par an sur une période de trois an en France », lit-on sur le plan de développement de 2015-2020 publié récemment.

Les suppressions de postes ne signifient pas forcément fermeture de site de production mais, plutôt, des départs en retraite entièrement financés par l’entreprise.
En même temps, les économies réalisées seraient utilisées à bon escient et permettraient d’accompagner des initiatives de croissance avec la mise sur le marché de 18 nouveaux produits les cinq prochaines années.
Ces nouveaux produits pourraient, à eux seuls, générer un chiffre d’affaires total compris entre 12 et 14 milliards d’euros d’ici 2025.
Pour pouvoir soutenir ces lancements, il est prévu que le groupe augmente jusqu’à 6 milliards d’euros ses investissements annuels en recherche et développement.
L’environnement marqué par une rude concurrence n’est pas sans conséquences sur les marges de croissance du groupe qui compte conserver des activités diversifiées,
« mais avec un portefeuille recentré sur les domaines où il peut s’imposer », explique Olivier Brandicourt, directeur général de Sanofi.
Ainsi, le groupe examine plusieurs options stratégiques pour ses activités santé animale et génériques en Europe.

Par   Yacine Cheikh-Bled