vendredi 16 novembre 2018
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RITAJMALL : «Nous essayons de placer les produits algériens cotés à l’étranger»

L’espace a été pensé pour offrir aux visiteurs bon nombre de services et de loisirs.
Faire ses courses devrait être un plaisir dans cet espace où se côtoient magasins, lieux de loisirs et prestataires de services.
Dans l’entretien qui suit, Smaïl Abdennasser revient sur le concept du centre que l’on a adopté aux habitudes et à la culture des Oranais, les loisirs proposés, et la politique des gestionnaires en matière d’encouragement à la production nationale.
D’autant que le propriétaire du Mall est fabricant de matériel informatique, électronique et électroménager.
Seul bémol pour l’instant l’exigüité du parking due au fait que le centre commercial est installé sur le site d’une ancienne tannerie appartenant à un privé.
Toutes les demandes faites à la wilaya pour l’octroi d’un terrain pour la construction d’un centre commercial répondant aux normes sont restées sans échos.

A Propos

M. Smaïl Abdennasser est un ancien cadre qui a supervisé la mise en place de plusieurs centres commerciaux.
Avec le RitajMall, inauguré le 29 janvier 2015 à Es-Sénia, Oran, il passe à la vitesse supérieure.
Il livre dans cet entretien la particularité de ce mall inspiré de ceux de Dubaï.
Il reste, de l’avis de ses concepteurs, une expérience inédite dans la région.



 En quoi consiste le concept de RitajMall ? 

D’abord, c’est à l’initiative d’un groupe qui s’appelle Soummam Computer System (SCS), basé à Bejaïa, qui a eu l’idée de créer un nouveau concept en Algérie, soit un grand centre commercial associant shopping et loisirs.
Le RitajMall, qui a ouvert ses portes fin janvier dernier, permet au consommateur, en parallèle avec les achats, de faire une partie de bowling, de jeux vidéos, de play station ou de billard, d’assister à une projection de type cinéma 7 D (les effets spéciaux sont associés aux téléspectateurs), etc.
En plus de la cafétéria, une garderie d’enfants en bas âge (entre 1 et 4 ans) est également disponible à l’entrée.
Bref, avec le parking et la salle de prières, on peut dire que le client a tout ce qu’il faut pour passer d’agréables moments.
Tout récemment, à l’occasion du mois Ramadhan, des rayons pour l’alimentation ont été aménagés. RitajMall existe à Abu Dhabi.
Nous reproduisons le concept en l’algérianisant un petit peu, c’est-à-dire en l’adaptant à l’environnement et à la culture locale.



 D’où viennent les produits commercialisés ? 

Une bonne partie de nos produits sont nationaux, surtout au niveau du mobilier.
Nous sommes en train de faire notre possible pour promouvoir la production nationale qui commence un peu à émerger en proposant des articles de qualité et surtout à des prix abordables.
En plus, ceux-ci sont souvent de meilleure qualité comparés aux produits asiatiques.
Je ne les compare évidemment pas aux produits européens.



 Les produits importés proviennent d’où ? 

Pour les produits que nous importons, il faut savoir qu’ils répondent tous aux normes européennes.
Ils sont destinés aux pays occidentaux et non aux pays émergents.
Même si le produit provient du Pakistan, du Bengladesh ou de Turquie, on tient à ce qu’il soit destiné au marché européen.
Nous exigeons aussi le respect des normes éco-santé, c’est-à-dire qu’il ne dégage pas de matières toxiques comme le formaldéhyde (présent dans les résines qui servent à coller les agglomérés dans le mobilier, la peinture de bois, etc.)



 Les produits de SCS sont bien présents…  

C’est normal ! Notre groupe possède des usines maxi power et nous produisons du matériel informatique, de l’électronique (téléviseurs, home cinéma, etc.) et de l’électroménager, aussi bien le gros électroménager (réfrigérateurs, cuisinières, machines à laver) que le petit électroménager (cafetières, mixeurs).
Le site de production est basé à Béjaïa et nous travaillons sous licence, bien entendu, mais l’avantage, c’est que nous disposons de la pièce de rechange et des accessoires avec un service après-vente et surtout des prix nettement plus compétitifs.
L’intérêt, c’est que même après 5 ou 6 ans, les accessoires et les pièces de rechange de nos produits seront encore disponibles.
On peu aller jusqu’à 10 ans.
Nous ne sommes pas de simples revendeurs car nous travaillons dans la durée.
Nous avons institué des cartes de fidélité pour que les gens puissent bénéficier des promotions et des réductions.
Quand il y a des nouveautés ou des événements qui sont organisés sur place, nous les contactons individuellement, par sms par exemple.



 Comment est organisé l’espace du mall ? 

D’abord, nous sommes dans un centre commercial avec des rayonnages de moyenne classe et même d’entrée de gamme pour certaines marques connues que nous proposons comme produits d’appel. Puis, nous avons les boutiques pour le moyen et même le haut de gamme, mais les prix affichés sont compétitifs.
Nous avons aussi des produits de maroquinerie algérienne qui sont vendus à l’étranger, y compris dans les aéroports (Paris, Barcelone).
Nous essayons de placer les produits algériens qui sont cotés à l’étranger.
C’est par exemple le cas des dattes proposées durant le Ramadhan et qui sont normalement destinées exclusivement à l’exportation.
A 500 DA le kilogramme, le prix est très intéressant.



 Quelle est la nature de l’investissement qui a permis la concrétisation de ce projet ? 

L’investissement est entièrement sur fonds propres.
Nous n’avons bénéficié d’aucun crédit bancaire. En plus, le terrain que nous occupons est loué.
C’est une ancienne tannerie appartenant à un particulier, Ahmed Bensadoune.



 Pourquoi ? 

Parce que, malgré plusieurs demandes adressées à la wilaya, nous n’avons pas pu obtenir un terrain dans la zone industrielle ou ses alentours.
Les demandes sont renouvelées car nous voulons construire un immense centre commercial avec une patinoire et une piscine.
Un centre similaire sera ouvert à Bejaïa peut-être en août ou septembre.
Nous avons comme ambition de nous installer dans toutes les villes proches d’Oran comme Mostaganem, Tlemcen et Mascara.



 La marque Maxi-Power possède des showrooms dans une quarantaine de villes algériennes. Dans quelle mesure ce type de structures contribue-t-elle-à créer de l’emploi ? 

Nous avons commencé avec 300 emplois mais nous avons dû revoir le chiffre à la baisse, et aujourd’hui le centre fonctionne avec 250 employés.
Ce Centre est une véritable entreprise.Malheureusement, on relève que le personnel qualifié pour ce genre d’activité n’est pas encore disponible sur le marché du travail.
La formation doit suivre. Pour le moment, nous faisons bénéficier notre personnel d’une formation sur site mais nous allons bientôt nous mettre en contact avec l’Institut de formation professionnelle de Canastel.
Nos cadres sont en revanche envoyés à l’étranger, notamment chez Bosch.

Entretien réalisé par   Yacine Cheikh-Bled