mardi 23 octobre 2018
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Qui a dit que l’art ne fait pas vivre ?

Nadir Iaoulalen propriétaire de la Maison du fer forgé

Par  Saïda Hamadène

L’entreprise qui connaît aujourd’hui  une réelle notoriété  est partie d’une petite idée qui a germé dans l’esprit de cet ex international de hand-Ball. Il y a plus de deux décennies  alors qu’il visitait la capitale française.

« J’ai été très intrigué par une silhouette métallique exposée dans une vitrine, je me suis débrouillé pour acheter un modèle que j’ai ramené dans mes bagages sans idée précise de ce que j’allais en faire », se souvient notre interlocuteur, qui en cette chaude matinée de juillet nous reçoit dans son show room à Bir Khadem  à Alger,  où  trônent des dizaines  d’objets décoratifs et de meubles en fer forgé venus directement de son atelier situé à quelques encablures  du magasin à Tixeraïne  Son mannequin sous le bras, le jeune homme  fraîchement sorti de l’Ecole de commerce de Port Saïd et de celle du NADIT, où il avait suivi une formation dans le cadre de la performance,  fera le tour d’Alger dans l’espoir de voir les commerçants de la capitale craquer pour le « squelette », au grand dam de son père qui craignait de le voir abandonner la carrière de financier qu’il venait d’embrasser.

C’était compter sans l’ambition du sportif qui ne se voyait pas passer sa vie derrière un bureau. «  J’ai clôturé un bilan et j’ai repris ma liberté, bien que ma quête auprès des magasins les plus en vue d’Alger s’est avérée infructueuse ».

Sur conseil du père d’un de ses amis handballeurs, il se procure un dépôt à Boufarik, fabrique  un prototype, l’habille, réalise un presse-book et refait à nouveau le tour des magasins d’Alger. Vainement.

Aucune commande n’est enregistrée.Nadir Ioualalen ne désespère pas pour autant, s’accroche à son idée. Une idée à laquelle des femmes qui avaient des ateliers de confection ont cru. « Djaouida, Mina Tricot, Zina et Yasmina, m’ont  donné une avance et passé commandes. » C’était en 1987. Cette année-là il participe au défilé Rêve bleu organisé à Ryadh El Feth  et dont le chorégraphe n’est autre que Safy Boutella. Puis les choses s’enchaînent, le mannequin silhouette « habite» toutes les vitrines. L’apprenti forgeron est sollicité pour la fabrication de penderies et l’aménagement des magasins  de Ryadh El Feth. « C’était de la création, chaque magasin avait son cachet .»

La contrefaçon, une réelle menace. Le parcours professionnel du patron de la Maison du fer forgé est freiné. A peine la décennie 90 entamée, la reconversion s’impose. Par la force des choses l’entreprise délaisse le travail de création et se tourne vers l’aménagement des maisons, l’installation de portes blindées, de clôtures, de grilles.

C’est la décennie noire, le maître mot est « survie et  sécurité ». La stabilité du pays retrouvé, Nadir qui, entre temps, s’est mis au dessin veut tourner le dos à la « ferronnerie » pour retrouver sa passion la création d’objets et de meubles en fer forgé.

L’unité de Tixeraïne assure la production, celle de Birkhadem la finition. Tout le travail est manuel, pas industriel, assure Nadir Ioualalen, qui souligne que les artisans constituent 70% de son effectif.

La majorité est dans l’entreprise depuis sa création, un fait qui témoigne de la stabilité de la boîte.

« Les forgerons sont une denrée rare, difficile d’assurer la relève. Nous essayons de former les jeunes qui rejoignent nos unités, mais ce n’est pas évident, parfois ils n’ont même pas les maîtrises de base » dira le patron de la Maison du fer forgé, avant de souligner que chaque année l’entreprise recrute.

 

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