samedi 17 novembre 2018
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Mr. Azouaou Mehmel, P-DG du Groupe Algérie Telecom

« Il est temps que nous nous remettions en cause et ne plus travailler comme par le passé »

DZEntreprise : Algérie Telecom évolue en opérateur historiquement ancré dans le marché des TIC algérien, quelle appréciation avez-vous de ce marché ?

M. Azouaou Mehmel : Ces technologies étaient inventées et développées ailleurs.
Nous, nous sommes consommateurs et utilisateurs et nous nous inscrivons dans cette évolution pour que nous puissions satisfaire les besoins des consommateurs algériens en la matière.
Nous ne devons pas être cantonnés dans un isolement car le monde d’aujourd’hui est carrément interconnecté, et l’évolution s’impose d’elle-même.
Avec l’évolution d’Internet et l’accès aux TIC, le consommateur algérien n’est pas en reste de cette évolution et ses desideratas portent sur la volonté d’avoir accès aux mêmes services développés ailleurs.
C’est pourquoi, nous jugeons important que nous nous inscrivions dans cette évolution.
C’est inévitable, voire même incontournable.
Il est vrai maintenant que nous avons accusé un retard dans la perception de l’impact des TIC sur l’économie et sur la société.
Aujourd’hui, les TIC portées par Algérie Telecom en tant qu’opérateur historique évoluent au même rythme que cet opérateur qui n’a pas connu une croissance telle que l’ont connue d’autres opérateurs de part le monde.
Les tournants technologiques opérés durant la fin des années 1980 et durant la décennie 1990 et la restructuration qu’ont connus les administrations qui étaient jusqu’ici en charge des télécommunications au sens classique du terme, s’ajoutant à cela l’avènement de la téléphonie mobile, a fait prendre conscience à tous les pays à travers le monde.
Ces pays, qui ont compris dès potron-minet l’enjeu et l’importance de ce secteur pour le reste de l’économie, ont procédé aux restructurations et à l’organisation nécessaires afin de mieux s’accrocher à cette évolution, pendant que nous, en Algérie, nous n’avons pas encore perçu la portée de ce bouleversement.
D’où le retard que nous accusons aujourd’hui dans le domaine des TIC.

DZEntreprise : Comment vous situez-vous dans ce marché en tant qu’opérateur public et quelle serait la future mission assignée à cette entreprise dans le cadre du développement de l’offre en produits TIC ?

M. Azouaou Mehmel : Le secteur est porteur et nous le voyons rien qu’avec le segment de la téléphonie mobile.
Quant à Internet, la demande existe.
Elle est en évolution permanente et importante.
Nous recevons quotidiennement des pétitions pour un raccordement au réseau filaire.
C’est vous dire tout le potentiel dont recèle le marché.
Le haut débit est devenu aujourd’hui un besoin fondamental pour les populations.
Cela sans parler des besoins professionnels qui, eux aussi, explosent au quotidien.
Nous jugeons nécessaire d’accroître les investissements dans la fibre optique et les nouveaux équipements en particulier afin de répondre à toute cette demande de tendance ascendante.
Nous misons désormais sur les supports actifs tout en réduisant la portée des équipements traditionnels en cuivre sur lesquels nous avons beaucoup de problèmes.
Et c’est ce qui explique la mauvaise qualité de service que l’on ressent par moment. Pour ce faire, un premier plan d’investissement a été décidé il y a de cela environ deux années et pour lequel l’on a alloué une enveloppe de 180 milliards de dinars.
Mais les nouvelles ambitions du gouvernement, dont le raccordement de toutes les localités dépassant les 1000 habitants, la valeur de la cagnotte destinée à soutenir les investissements futurs devrait être assurément et inévitablement revue à la hausse.

DZEntreprise : Comment comptez-vous financer tous ces chantiers auxquels vous faites références ?

M. Azouaou Mehmel : Algérie Telecom ne manque pas de moyen pour mener à bon port cette panoplie d’investissement. Même si un problème de moyen financier venait à se faire sentir, les banques sont prêtes à nous accompagner dans cette œuvre d’investissement gigantesque.
Le problème qui se posera, néanmoins, est lié à la rentabilité de l’investissement pour l’entreprise.
A moins que le gouvernement mette la main à la poche et subventionne l’accès au service généré par cet important investissement, autrement le coût sera pesant.

DZEntreprise : Au-delà de tout apport financier de l’Etat, comment se porte la santé financière de l’entreprise ?

M. Azouaou Mehmel : Algérie Telecom jouit d’une bonne santé financière.
Il n’y a qu’à citer tous les investissements que nous réalisons sur nos fonds propres.
Mieux encore, l’entreprise n’est pas en difficulté financière en dépit des créances détenues sur plusieurs de nos clients.
Nous réalisons annuellement des croissances bien que les indicateurs restent les mêmes.
Je vous cite, à titre d’exemple, les 3,5 millions d’abonnés à la téléphonie fixe et le 1,2 million d’abonnés à l’ADSL. Cependant, ces chiffres sont loin de ce que nous pouvons en avoir si l’on se réfère au potentiel du marché.
La demande est là, il faut juste savoir l’adresser. Et c’est là où se trouve réellement le grand chantier d’Algérie Telecom.
Pour réussir ce chantier, il faut que l’entreprise sorte de son ornière et devienne une vraie entreprise économique et non pas une administration en charge de la gestion des télécommunications.
Je veux dire qu’il est temps que nous nous remettions en cause et ne plus travailler comme par le passé.
Tout l’enjeu est là. L’entreprise a besoin d’évoluer au rythme des normes internationalement admises en matière de gestion, de management et de marketing.
Le gouvernement doit accompagner cette métamorphose par l’assainissement de l’environnement dans lequel évolue l’entreprise.

Propos recueillis par Lynda Touati