jeudi 15 novembre 2018
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« Les dérégulations du marché à l’origine de la hausse des prix »

Mohamed Laksaci à propos de l’inflation
« Les dérégulations du marché à l’origine de la hausse des prix »

Le formidable rebond du coût de la vie au 1er semestre 2012 n’est pas le résultat d’une inflation importée, mais de facteurs internes à l’économie nationale, particulièrement la spéculation sur les prix des produits agricoles.

C’est le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Laksaci, qui l’affirme. Par deux fois, il a précisé que la surchauffe des prix à la consommation est due notamment au dysfonctionnement des marchés, aux positions dominantes et à la spéculation, et non pas comme il est de tradition à l’expansion de la masse monétaire.

Mohamed Laksaci a fait cette constatation le 30 août dernier lors de la 36e réunion de l’association des gouverneurs des banques centrales d’Afrique à Alger puis à la mi-septembre dans son rapport de conjoncture sur les principaux agrégats monétaires et financiers de l’Algérie. En fait,

M. Laksaci a levé le voile sur les causes qui ont propulsé les prix à la consommation vers des sommets entre le 1er et le 2 e trimestre 2012. »Le phénomène d’inflation au cours du 1er trimestre 2012 est plus de nature endogène, lié aux dysfonctionnements persistants des marchés des biens où la formation des prix relève plus de positions dominantes et de la spéculation”, avait précisé dans son rapport M. Laksaci.

Contrairement à 2011, où l’inflation était beaucoup plus engendrée par l’expansion de la masse monétaire, principal déterminant de l’inflation en Algérie, la hausse des prix en 2012 est le résultat de facteurs internes. Il explique: l’inflation a progressé en dépit de la baisse de l’expansion monétaire durant le premier semestre 2012 à 17,88% contre 19,91% en décembre 2011.

En Algérie, l’expansion de la masse monétaire, sur le sillage des hausses des salaires de la Fonction publique, a été le principal déterminant de l’inflation durant la période 2000 – 2011, révèle une étude économétrique de la Banque d’Algérie. L’expansion de cette masse monétaire contribue à
hauteur de 61% dans l’inflation globale, suivie des prix à l’importation qui participent à hauteur de 18% dans sa progression, alors que les prix à la production industrielle agroalimentaire et le taux de change sont à l’origine de hausses respectives de 13% et 8%.

Au 1er semestre 2012, l’inflation importée n’a pas contribué à la hausse des prix sur les marchés internes puisqu’elle a été atténuée par la relative appréciation du taux de change du dinar.
Pour juguler cette hausse, la Banque d’Algérie a pris, en avril dernier, deux mesures de politique monétaire visant à résorber l’excès de liquidité sur le marché (monétaire) et à atténuer son effet inflationniste. Selon le gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, le taux de réserves obligatoires a été porté à 11% à compter de la mi -mai 2012, soit 2 points de pourcentage d’augmentation alors que la reprise de la liquidité s’est accrue de 250 milliards de DA dès avril pour atteindre un encours de 1 350 milliards de DA.

En moyenne stabilisés autour de 3,5%-3,9% au cours du premier semestre 2011, les taux d’inflation en moyenne annuelle ont enregistré un rythme haussier de juillet 2011 à juin 2012 qui s’est même accéléré à partir de janvier 2012 atteignant un niveau record de 7,29% en juin 2012, selon l’Office national des statistiques (ONS).

Et au mois de juillet dernier, les prix à la consommation ont même bondi de plus de 8% par rapport à la même période de 2011, accentuant ainsi le rythme d’inflation en glissement annuel qui a atteint 7,5% contre 7,3% en juin dernier. Selon l’ONS, cette surchauffe a été le fait des produits alimentaires en général qui ont augmenté de près de 10,7% avec 18,1% pour les produits agricoles frais et 4,6% pour les produits alimentaires industriels, précise l’Office.

Concernant les prochains mois, rien n’indique que les prix des produits agricoles baisseront, ce qui traduit en fait l’extrême volatilité des prix des produits de large consommation et, par conséquent, une hausse toujours soutenue de l’inflation.

Par Ali Sassi