jeudi 15 novembre 2018
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L’innovation est au centre des réussites

Identifier les facteurs clés de la réussite économique équivaut à mettre le doigt sur ce qui est susceptible d’être un vrai catalyseur pour le pays.
Beaucoup de pays émergents l’ont fait et sont sortis de leur état de pauvreté et parfois de la dépendance.
Mais, pourquoi d’autres pays n’ont pas réussi la transition et se débattent dans des problèmes insurmontables ?
Le docteur Michael P. Ryan, de l’université Georgetown (USA), qui a mené des recherches sur les pôles d’innovation, livre à travers une conférence, animée à l’institut de management algéro-américain, ayant pour thème construire un environnement politique favorable à l’innovation économique , son expérience dans deux pays ; à savoir le Brésil et la Jordanie.

Avant d’entreprendre le changement qui a fait d’elle l’une des économies les plus en vue dans la région du Moyen-Orient, la Jordanie passait par une situation des plus critiques.
Entreprises non compétitives, économie dépendant en grande partie de l’étranger, absence de création de richesses à tel point que la banque mondiale lui avait signifié que sa croissance économique ne saurait être durable.
Aussi, les responsables décident-ils de prendre le taureau par les cornes pour sortir le pays du marasme.
La première réforme entreprise a touché le système éducatif.
Beaucoup d’investissements y ont été consentis au point qu’il est devenu l’un des meilleurs de la région.

« La Jordanie a fait de son éducation un service commercialisable. Ainsi, les gens vont dans ce pays pour y faire des études », explique Michael Ryan.

En 1998, c’est la rédaction des lois pour les brevets d’invention qui est entamée.
Ces deux étapes passées avec brio, le pays a misé sur l’industrie pharmaceutique et en a fait un pôle d’excellence.

« Aujourd’hui, les laboratoires pharmaceutiques jordaniens sont présents aussi bien en Afrique du Sud qu’en Afrique du Nord mais aussi en Europe et aux États-Unis d’Amérique », ce qui dénote de l’avancement réalisé par le pays.

L’expérience du Brésil, autre pays émergent, est un peu différente même si le résultat réalisé est tout aussi important.

« Au Brésil, le leadership est venu de la classe moyenne du gouvernement mais aussi de la communauté scientifique et universitaire.
Il faut savoir que l’université de São Paulo est classée 19ème dans le monde après celle de Londres.
Aussi, une question cruciale s’imposait. Pourquoi cette performance sur le plan scientifique et universitaire alors que la situation économique est des plus catastrophiques ?
C’est à partir de cette question que l’économie et l’université ont réussi leur jonction.
L’université s’est mise au service de l’économie et le résultat ne s’est pas fait attendre »
.

Deux expériences aussi différentes l’une de l’autre mais dont le point commun réside dans la vision et la planification.

La Jordanie avait déjà tracé le modèle que le pays voulait suivre. Et, cette décision ne s’est pas faite du jour au lendemain.
Elle a été mûrement réfléchie puis établi une vision pour une économie mondiale.
« Une vision partagée par toutes les parties prenantes », affirme Michael Ryan.

À partir de ces deux exemples de réussite, il devient clair que la première clé de la réussite réside en une vision claire et un leadership.
Deux autres exemples que sont la Chine et l’Inde, deux pays dont les économies sont productrices de richesses, confortent cette vision des choses et nous mettent devant une évidence.

Les économies qui veulent s’en sortir sont appelées à devenir globales.

« La globalisation est une nécessité qui doit arriver tôt ou tard.
Les économies deviennent ainsi plus mondiales et plus compétitives.
Mais, avant que de se lancer dans pareille entreprise, il faut se demander sérieusement quelles sont les capacités que peut offrir un pays à la lumière de la compétence mondiale et qui lui permettront d’apporter une innovation à même de lui assurer la réussite ?
Les jordaniens, par exemple, ont commencé par le développement de logiciels, service qu’ils ont ensuite exporté vers les pays du golfe.
Ils ont aussi commencé par créer des start-up qui se sont bien développées.
La Corée a carrément créé des centres de développement dans les entreprises.
Il faut aussi penser à l’intégration régionale de l’économie locale à l’image de l’Union Européenne qui a permis aux pays membres de réaliser une bonne croissance économique malgré la crise, ou à l’accord de libre échange américain, NAFTA, qui a permis au Mexique de tirer une bonne croissance économique »
.

Il n’existe pas de solution magique, la clé de la réussite doit être avant tout la vision qui nous permettra d’arriver où l’on veut et la bonne stratégie pour nous y mener.

Par   Khadidja Mohamed Bouziane