mardi 13 novembre 2018
Download http://bigtheme.net/joomla Free Templates Joomla! 3
Accueil > Développement durable > « L’Algérie doit avoir son propre modèle de consommation énergétique »

« L’Algérie doit avoir son propre modèle de consommation énergétique »

L’Algérie doit développer son propre modèle de consommation énergétique pour parvenir à réduire sa consommation d’énergies fossiles et développer le renouvelable, a affirmé le Pr Chems Eddine Chitour en marge d’un séminaire sur l’économie verte organisé en mars dernier à Alger.
Dans l’entretien qu’il a accordé à l’APS le Pr Chitour soutient qu’il est urgent pour l’Algérie dé définir un modèle énergétique.

DZEntreprise : Vous avez souligné la nécessité pour l’Algérie de développer en urgence son propre modèle de consommation énergétique. Quelle est l’importance de ce type de modèle ?

Pr Chitour : Elle est immense car il s’agit d’un modèle qui permettra de freiner notre consommation d’énergies fossiles et optimisera celle des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, fortement disponibles dans notre pays.
Ce modèle énergétique nous permettra de définir avec clarté notre mode et rythme de consommation, avec une projection dans l’avenir. Actuellement les modes de consommation dans le monde s’étendent à 2030 et 2050. La mise en place de ce modèle énergétique national comportera les réponses à une série de questions fondamentales comme Que sera l’Algérie en 2030 ? Quel sera le nombre de sa population à cet horizon ? Quel sera son rythme de consommation d’électricité et de gaz à cette échéance ? Est-ce qu’il y aura plus de véhicules ? Combien il y aura d’appartements ?…etc. Une fois que nous aurons défini tout cela nous allons faire des évaluations de nos richesses et ressources notamment en matière d’énergie fossiles. C’est seulement là que nous pourrons commencer à construire ce modèle de consommation énergétique.

DZEntreprise : Comment développer selon vous, la consommation des énergies renouvelables en Algérie ?

Pr Chitour : Les méthodes sont multiples. Mais ce qu’il faut retenir surtout c’est que même en 2030 les énergies fossiles domineront à 80% notre consommation énergétique. Nous pouvons, tout de même, procéder dès maintenant à encourager la création de start-up spécialisées dans les énergies vertes. Vendre de l’électricité et du gaz au prix réel pour obliger les citoyens à réduire leur consommation d’énergie, tout en accordant des subventions uniquement aux nécessiteux. Construire des logements équipés, à titre d’exemple, de chauffe-eau solaires, comme cela existe déjà chez nos voisins tunisiens.
Il est nécessaire aussi de développer des transports en commun pour réduire la consommation de carburant. Il faut enfin et surtout inculquer la culture de consommer des énergies vertes chez nos citoyens. Sur le plan technologique, l’Algérie doit, dans un premier temps, faire appel à des partenaires étrangers comme les allemands pour avoir du savoir-faire et maîtriser la production, le transport et la distribution des énergies renouvelables. Mais il faudrait vite que nous comptions sur nous-mêmes et développons notre propre savoir-faire dans ce domaine.

DZEntreprise : Le développement des énergies renouvelables est susceptible de réduire le chômage et de créer de l’emploi…

Pr Chitour : Effectivement, des milliers d’emplois peuvent être créés à court et moyen termes. Il suffit de mettre en place une politique publique qui encourage cette démarche. Dans ce contexte, les pouvoirs publics doivent introduire l’ensemble des métiers liés aux énergies renouvelables et à l’économie verte en général dans les nomenclatures des activités proposées par les dispositifs d’appui à la création de l’emploi comme l’ANSEJ.
Ce sont surtout les jeunes qu’il faut encourager à se lancer dans ce type de métiers. Nous n’avons rien à inventer sur ce registre, il suffit juste de reprendre ce qui se fait dans les pays développés qui sont en train d’encourager des start-up spécialisées dans les énergies renouvelables pour lutter contre la récession et le chômage engendrés par la crise financière.