samedi 17 novembre 2018
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Jijel : Un méga complexe algéro-qatari à Bellara

Il devrait à terme produire 5 millions de tonnes d’acier par an

Un accord algéro-qatari pour la réalisation d’un complexe haut de gamme pour la production de produits sidérurgiques à Bellara, près de Jijel, a été signé début juillet à Alger.

Objectif: faire face à une demande nationale croissante en produits de sidérurgie.

Les chantiers ouverts à la faveur du plan quinquennal 2010-2014 ont déjà donné les niveaux de production à atteindre et les besoins à satisfaire au-delà de 2015. Le mémorandum conclu sur la base du ‘ 51/49% ’ qui régit depuis 2009 les investissements étrangers en Algérie, a ouvert la voie à la phase technique de ce projet, annoncé par le ministre de l’industrie, M. Benmeradi, en octobre 2011, qui devrait à terme produire 5 millions de tonnes d’acier par an.

Objectif assigné au projet algéro-qatari: réduire la facture des importations de produits sidérurgiques, qui pèse 20%, soit 10 milliards de dollars par an, sur la facture globale des importations algériennes en 2011.

Une évidence : le complexe Arcelor Mittal de Annaba ne suffit plus, et pour conjurer la fatalité des importations de produits sidérurgiques, le choix a donc été fait de construire un grande usine de production à Bellara, qui présente l’avantage de son terminal portuaire.

Le projet du complexe devrait entrer en service à partir de 2016 avec une moyenne de production de 4,8 millions de tonnes métriques par an.

Il devra produire dans une première phase 2,5 millions de tonnes d’acier long, une production appelée à augmenter à 4,8 millions de tonnes dans une deuxième étape avec la production des aciers plats et spéciaux.

Le partenaire algérien dans ce projet est le groupe Sider, qui devrait détenir les 51% des actions avec le Fonds national des investissements (FNI), alors que pour les 49% dévolus au partenaire qatari, ils seront partagés équitablement entre Qatar Mining et Industries Qatar, dont l’association donnera naissance à une nouvelle société (New Co).

L’étude de faisabilité du projet a été confiée par le Qatar au cabinet anglais Atkins et dont les conclusions seront remises avant août 2012.
En fait, le projet est déjà ficelé et son coût de réalisation sera de 411 millions de dollars.

En février 2012, après une visite sur site de responsables qataris à Bellara où ils se sont enquis de la nature des installations existentes (eau, gaz, électricité, port, desserte ferroviaire), ‘ Qatar Industries ’ a annoncé son intention d’investir 1,5 milliard de rials qataris (411 millions de dollars) pour la réalisation d’un complexe sidérurgique dans la région de Bellara (Jijel).

Le ministre de l’Energie et de l’Industrie qatari, Mohamed Ben Salah Essada, préside le conseil d’administration de cette entreprise, alors que la part des Industries du Qatar dans le projet était de plus de 24%.

Côté algérien, un investisseur privé pourrait vraisemblablement entrer dans le capital social de cette joint venture, Qatar Steel International, avec 5% des parts que détiendrait dans un premier moment le Fonds National des Investissements (FNI) dont le rôle est d’accompagner seulement le projet.

La concrétisation de ce projet intervient à un moment de forte demande intérieure sur les produits sidérurgiques, et, surtout, pour poursuivre
les programmes de développement annoncés au delà de 2014, dont les nouvelles villes de Boughezoul, Hassi messaoud et autres.

Or, la production actuelle de produits sidérurgiques de l’Algérie n’est pas en mesure de satisfaire une demande boulimique avec seulement 1,5 million de tonnes, alors que la consommation annuelle tourne autour de 5 millions de tonnes.

Une charge énorme pour le complexe d’El Hadjar du géant mondial de l’acier, l’ Indien Mittal dont la présence en Algérie est partie pour durer, selon un nouvel accord conclu avec les autorités algériennes.

Mais, en attendant la réalisation de ce complexe, encore au stade de projet sur papier, la facture des importations de produits sidérurgiques
devrait suppléer la production nationale pour poursuivre et achever les grands chantiers du programme quinquennal 2010-2014, notamment
les barrages, les programmes d’habitat, les routes et autres projets structurants.

Par Mokhtar Chemache