lundi 18 juin 2018
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Hocine Ouadah, courtier d’assurances:« l’assurance –entreprise n’est pas une assurance standard »

Excellent moyen pour le financement des risques pouvant survenir  dans le parcours d’une entreprise, ce segment d’assurances est encore très peu développé chez nous. Même si l’assurance-entreprises constitue le quart du chiffre d’affaires des assurances, il n’en demeure pas moins qu’elle est encore loin d’avoir atteint son vrai potentiel. 

Prise de conscience insuffisante de la part des chefs d’entreprises ?  Méconnaissance de toutes les garanties offertes par l’entreprise ?  Méfiance vis-à-vis des assureurs ? Manque d’une communication pédagogique de la part des assureurs ?  Il ya en fait,  un élément de réponse dans chacune des questions. « Il y a un toujours un écart plus ou moins grand entre le discours des assureurs et leur action dans les faits. Cette image négative peut s’expliquer par le fait que le chef d’entreprise trouve souvent les primes chères et le remboursement insuffisant » nous explique Ouadah Hocine, courtier d’assurances qui a passé toute sa carrière dans les compagnies d’assurances avant d’ouvrir un cabinet dans le conseil de courtage. « Pourtant, l’assurance est une solution qui permet de reconstituer le patrimoine de l’entreprise en cas de sinistre ».

La solution du Risk Management, quand elle est adoptée, permettra d’économiser de l’argent tout en ayant une assurance adaptée aux besoins de l’entreprise.

En effet, malgré tout l’intérêt qu’elles ont à contracter des assurances, la réalité nous renseigne que si les entreprises  accomplissent cette formalité, il reste qu’elles le font par obligation vis-à-vis de leurs banques et/ou créanciers  et par obligation du code civil pour les entreprises  publiques. C’est dire que cette démarche n’est pas volontaire et l’on ne va pas vers l’assurance  parce qu’elle est une protection mais, parce qu’elle est l’une des formalités qu’il faut accomplir .

« les différents séminaires  font ressortir  que les entreprises, surtout celles exerçant dans le secteur public car elles sont obligées par le code civil de contracter toutes les assurances nécessaires,   ont toutes des contrats d’assurances. Mais, d’une manière globale, y compris  celles du secteur privé,  elles sont en réalité  mal assurées. Ces entreprises ont une image négative, souvent à tort, des compagnies d’assurances. Car, l’assurance est une protection en même temps qu’elle est la solution permettant à l’entreprise de reconstituer son patrimoine en cas de sinistre. En cas de perte d’exploitation, l’assurance prend en charge, en même temps que les frais remboursés, toutes les charges qui incombent à l’entreprise, comme par exemple les salaires des employés.  Dans ce cas précis le chef d‘entreprise est déchargé des soucis qui pourraient ralentir ses démarches pour remettre l’entreprise sur pieds » affirme Ouadah Hocine qui ajoute «  pourtant, l’assurance est une solution parmi d’autres, elle n’est même qu’une solution partielle mais, elle se doit d’être une bonne solution ». Ce manque d’engouement pour ce genre d’assurances , vient du fait que les assureurs n’investissent pas dans les formations de qualité de leurs personnels qui les arme pour être réellement des acteurs efficaces.

Il faut dire  que pour que cette assurance soit réellement une bonne solution, il faut que les chefs d’entreprises prennent conscience  de son importance et, pour ce faire, il faudrait en même temps que les assureurs ne se content pas d’une communication purement commerciale, comme ils le font depuis que le marché n’est plus sous le monopole étatique mais, d’aller   aussi et plus souvent vers une communication pédagogique pour apporter un complément à l’action   marketing.

Cette communication permettra aux assurés d’être au fait de tous les produits, des garanties offertes et les solutions apportées par chaque produit.  Avant de contracter n’importe quelle assurance, il est important de se poser une question fondamentale, nous explique Ouadah Hocine «  qu’est ce qui empêche mon entreprise d’atteindre les objectifs fixés ? C’est le point de départ qui doit être la motivation de tout chef d’entreprise car, pour être bien indemnisé, il faut être bien assuré et, pour être bien assuré il faut impérativement connaître les risques qui peuvent survenir et  gêner l’évolution et le développement de l’entreprise. Pour bien réaliser ces démarches il nous faut des phases distinctes à savoir l’identification du risque par l’analyse, sa quantification par le calcul de son impact financier sur l’entreprise, sa réduction par la prévention et la protection. Une fois ces étapes réalisés, nous nous retrouvons face au risque résiduel ».

C’est l’étape où  deux choix s’offrent. « Soit gérer ce risque résiduel par une technique de « provisionnement », c’est-à-dire mobiliser des capitaux dans le passif du bilan  pour  prendre en charge ce sinistre ou alors le transférer vers un assureur et payer une cotisation fixe. C’est-à-dire, transformer une perte aléatoire qui peut être majeure en une charge fixe mesurable. C’est ce qui s’appelle le risk management  ».

Savoir déléguer son assurance

Il y a trois grandes classes d’assurances à commencer par  l’assurance des biens  qui couvre les éléments d’actifs c’est-à-dire  le patrimoine à savoir, le bâtiment, les mobiliers professionnels, le matériel, les véhicules,  les archives et les stocks. Ces biens détruits, génèrent systématiquement un déséquilibre dans le bilan.

« C’est pour cette raison qu’un contrat d’assurance bien établi, rétablit ce déséquilibre » L’assurance responsabilité qui couvre le passif hypothétique et finalement celle de dommages immatériels, les préjudices économiques, qui résultent de l’impossibilité de créer des richesses et par conséquent de la valeur ajoutée.  Parmi cette multitude de produits, il est juste de savoir ce qu’il faut impérativement assurer  et il est légitime  se demander comment faire plus  et mieux  avec moins ? D’abord, il est très important de mettre en place un système pour la gestion du risque. « La prévention et la gestion du risque, font gagner à l’entreprise des économies sur les primes d’assurances ». Systèmes d’alarmes, détecteurs et matériels  d’incendies… ne sont pas installés pour faire bien et être à la page. Ce sont autant de risques réduits et de dommages évités.

Il serait bien si les entreprises, en plus d’établir un système de gestion du risque adaptent les contrats d’assurances. «   De manière générale, les chefs d’entreprises ne consultent leurs contrats d’assurances qu’une fois le risque survenu. L’idéal serait que ces contrats soient sortis bien avant, au moins deux fois par an, et qu’on les nettoie, autrement dit, qu’ils soient audités surtout par un expert qui puisse les adapter aux besoins réels des entreprises. L’intérêt d’externaliser cette tâche et de la confier à un courtier n’est pas superflu. Dans ce cas, l’entreprise ne paye rien, le courtier est payé par la compagnie d’assurance. L’importance de cette démarche est justifiée par le fait que le spécialiste accompagne son client, il va auditer son contrat, lui chercher le meilleur contrat d’assurance disponible sur le marché qui répond aux besoins de l’entreprise  et l’accompagner en cas de sinistre pour une indemnisation rapide et efficace. Il devient mandataire du chef d’entreprise  et endosse ainsi toute la responsabilité en cas d’erreurs commises ».

L’assurance –entreprise n’est pas une assurance standard à laquelle l’on souscrit  pour être en paix vis-à-vis des banques ou parce qu’elle est obligatoire. C’est une assurance qui peut parfaitement accompagner l’entreprise dans son développement et être l’un des éléments de sa réussite.  A condition qu’elle soit bien ciblée et adaptés aux réels besoins de l’entreprise «  il est tout à fait possible pour l’entreprise d’avoir une bonne assurance, d’être bien couverte tout en payant moins de primes.

C’est-à-dire qu’il ne faut pas nécessairement dépenser beaucoup d’argent pour être bien assuré. Le tout est de bien connaître les risques ; malheureusement beaucoup de chefs d’entreprises, même quand ils sont d’excellents gestionnaires, ne connaissent pas la bonne manière de s’assurer. Il est nécessaire de s’assurer en fonction de ses besoins  réels, ni trop, cela coûtera plus cher, ni trop peu, cela peut  coûter plus cher encore si les dégâts survenus ne sont pas compris dans la police d’assurance.  ».

Le tout donc est de réussir cette équation.  Beaucoup de travail reste à faire dans ce sens car, même si les compagnies d’assurances, elles ont au nombre de 23, font de leur mieux pour attirer plus de clients, il y a toujours comme une sorte de réticence  de la part du consommateur à aller vers ces produits. « Il y a tout un travail à effectuer pour pouvoir sensibiliser les gens aux bienfaits des assurances. Cependant comme nous sommes à la veille du renouvellement des contrats, il appartient aux assurés qui sont tenus par des clauses de reconduction tacite de dénoncer les contrats dont les délais prévus par cette clause,  pour leur permettre de renégocier leurs contrats avec de meilleures conditions techniques et financières.

K.M.B.