mardi 13 novembre 2018
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Nouar Laib , Directeur général de l’Environnement au ministère de l’Environnement et des énergies renouvelables

Changements climatiques : la vulnérabilité du littoral algérois en débat

Initiée par le Programme d’Appui à la Politique Sectorielle de l’Environnement (PAPSE) en 2017, une étude réalisée par une équipe d’experts algériens et étrangers ayant pour objectif de détecter et de cartographier les zones côtières menacées par l’érosion et les submersions marines et l’inondation par débordement des oueds, et d’évaluer la vulnérabilité de la côte algéroise face au réchauffement climatique et les  conséquences de l’élévation du niveau de la mer, et face à des épisodes pluvieux exceptionnels, a été présentée hier lors du séminaire « National sur les Changements Climatiques : Impacts et Moyens de lutte».

Un rencontre, organisée par le Ministère de l’Environnement et des Energies Renouvelables avec le soutien du Programme d’Appui à la Politique Sectorielle de l’Environnement (PAPSE, coopération Union Européenne) et la GIZ (coopération allemande).

Cette étude fait ressortir que la vulnérabilité de la côte algéroise face à l’élévation potentielle du niveau de la mer, l’étude a révélé que 25 % du linéaire côtier de la métropole algéroise présente une vulnérabilité physique très faible, 48 % une vulnérabilité élevée et 27 % une vulnérabilité modérée face à l’élévation du niveau de la mer. La zone d’étude d’une largeur de 3 km à compter de la ligne de rivage s’étend de Bou Ismail à l’ouest à Cap Djinet à l’Est.

L’étude s’est appuyée sur une image satellite récente de 2017  et d’un modèle numérique de terrain de grande précision autorisant une représentation cartographique très détaillée.

Les résultats de l’analyse des changements de la position de la ligne du rivage au cours de ces 58 dernières années (1959-2017) montrent une position du rivage qui oscille entre  recul et avancée, selon les endroits. En baie d’Alger, la tendance générale de l’ensemble de la côte est à l’érosion. Les zones qui ont  enregistré une récession de la côte représentent un pourcentage de 43.24 soit un linéaire côtier de 8.55 km. Ces zones en érosion sont localisées au niveau des plages de verte rive, bateau cassé, Stamboul et Alger- plage. Cependant, les endroits qui ont connu une accrétion du trait de côte représentent uniquement un linéaire côtier de 7.35 km.

A noter qu’un Système d’Information Géographique (SIG) dédié à l’observation des impacts des aléas sur le littoral algérois a été développé pour pérenniser et rendre les  résultats  de l’étude accessibles au plus grand nombre.

Cet outil intègre une riche base de données qui lui permet de cartographier les zones touchées par chaque aléa et de les croiser avec un référentiel d’occupation générale des sols, offrant ainsi des informations détaillées sur les structures et équipements exposés à tel ou tel aléa et d’en évaluer les dégâts humains et matériels qui pourraient en découler, comme il facilitera grandement la mise en place d’un système d’alertes précoce et les prises de décision liées à la protection des zones vulnérables, car le gestionnaire disposera de tous les éléments nécessaires pour cerner le problème en seulement quelques clics sur une interface ergonomique.

Cette rencontre qui a été clôturée par un débat entre experts et  a été l’occasion de présenter  les grandes lignes du  Plan National Climat.

Pour rappel  le Plan National Climat a été élaboré entre mars 2017 et juillet 2018, il  constitue la pièce maîtresse de l’approche stratégique de l’Algérie pour s’adapter et atténuer les effets du changement climatique.

Le Plan National Climat a été construit de manière à être cohérent avec le nouveau modèle de croissance économique, le Plan d’action du Gouvernement pour la mise en œuvre du programme du Président de la République, le schéma national de l’aménagement du territoire (SNAT ), les stratégies en lien avec l’environnement ( stratégie Nationale de l’ environnement et du développement durable, stratégie Nationale pour la biodiversité, etc ) tout en tenant compte des  obligations internationales de l’Algérie

Le Plan National Climat a pour objectif de sélectionner et d’organiser un ensemble de projets d’actions afin de permettre l’adaptation de l’économie nationale aux Changements Climatiques et l’atteinte des objectifs d’atténuation des Gaz à Effet de Serre (GES) de l’Algérie.

Il a aussi, entre autres objectifs l’identification des actions dont la mise en œuvre est prioritaire,  l’élaboration d’une feuille de route pour leur mise en œuvre et la proposition d’un cadre de gouvernance et l’identification des tâches à accomplir et en les attribuant aux acteurs de la politique climatique algérienne en fonction de leurs missions et attributions.

Il vise également à proposer des  mesures permettant de renforcer la mise en œuvre du Plan National Climat et à l’accès aux financements internationaux publics et privés et de favoriser le partenariat technologique et financier étranger, ainsi que  les possibilités de mobilisation des ressources nationales supplémentaires pour financer la mise en œuvre du Plan National Climat.

A propos du PAPSE

Le  programme d’appui à la politique sectorielle de l’environnement (PAPSE) vise à renforcer la coopération sectorielle et à accompagner les réformes engagées par l’Algérie dans les domaines de l’environnement et du changement climatique.

Le programme  cofinancé par le gouvernement Algérien et l’Union Européenne vise par divers moyens et supports  (formation, études…) à accompagner le Plan national d’action pour l’environnement et le développement durable (PNAE-DD) dans le repositionnement stratégique de la question environnementale au cœur des politiques de développement du pays.

A propos de la GIZ

L’Agence de coopération allemande GIZ Algérie est chargée de la mise en œuvre de la coopération entre l’Algérie et l’Allemagne. Elle est  présente en Algérie depuis 1993 et apporte son expertise et son soutien dans les domaines de l’environnement notamment pour les questions liées à la gestion durable des ressources naturelles, la préservation de  la biodiversité, l’adaptation aux changements climatiques, la gestion des déchets et la promotion des technologies propres et des innovations respectueuses de l’environnement.