mardi 23 octobre 2018
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Boualem Akhrouf, PDG de Gitrama: « L’année 2018 sera celle des grands enjeux et défis »

La restructuration du secteur des travaux publics,  axes majeurs des réformes engagées par l’Etat a donné naissance,  en juin 2016 au Groupe  d’infrastructures  des travaux maritimes  Gitrama. En une  année d’importantes  avancées en matière d’organisation et de réorganisation des filiales pour transposer les réussites de chacune d’elles  en atouts capables de hisser le Groupe au rang de leader en Algérie ont été enregistrées. Des avancées évoquées, dans l’entretien qui suit, par  Boualem Akhrouf, Président directeur général du groupe Gitrama, qui revient sur le programme de formation initié par l’entité qu’il dirige, ses projets et ambitions.  

Pouvez-vous nous présenter brièvement le Groupe que vous dirigez ?

Gitrama  c’est d’abord 14 000 travailleurs, dont 70% à moins de 40 ans  répartis sur  les trois filières  d’activités du Groupe qui correspondant  à nos différents cœur de métier, les travaux maritimes, les travaux d’ouvrages d’Art ainsi que les travaux routiers, autoroutiers  et aéroportuaires, mais aussi la signalisation routières, travaux d’hydrauliques et des services. Notre groupe a été créé le 27 juin 2016, nous avons hérités de 21 filiales,  04 maritimes, 11  routières et  05  filiales d’ouvrages d’Art  qui  réalisent les ponts  et 01 filiale de signalisation routière (horizontale et verticale) qui est l’ l’ENPS.

Après un  premier diagnostic  nous avons décidé d’aller vers  la fusion –absorption,  qui est une recommandation du CPE. Elles concernent, SOTROUJ à Jijel absorbée en novembre 2016, par EPTP Constantine, tout en maintenant les effectifs de SOUTROUJ, une entreprise déstructurée, en faillite, puis il y a eu  l’absorption de MECATOP, par l’entreprise mère ALTRO Skikda.  En juin 2017 ETRACOB Bouloughine, une entreprise qui à l’origine appartenait à la commune de Bologhine, a été absorbée par l’EPTP Alger, qui est une entreprise routière. Ce sont là les premières opérations de fusion-absorption  que le Groupe a mené.

Ces réaménagements ont-ils changés la taille du Groupe ?  

Le  Groupe est passé de 21 à 18 filiales, mais cela n’a aucune incidence sur son  activité. La  2éme opération que nous qualifions d’importante a été la défilialisation en mai 2017 ,  hérité des entreprises mères à l’instar  du sous-groupe MEDITRAM , composé de SOTRAMO, SOTRAMEST et ALDIPH, et la défilialisation de ENROS qui était une filiale de SAPTA, les 2 entreprises sont des entreprises d’ouvrages d’Art. Aujourd’hui nous n’avons plus de sous-groupe au niveau du groupe, mais un groupe avec 18 filiales. Cela peut changer puisque  la fusion de 3 autres entreprises n’est pas à exclure une fois le plan stratégique approuvé par le CPE.

S’agissant des audits entrepris où en êtes-vous ?  

Sur résolution du CPE  portant sur la réorganisation des entreprises du secteur des travaux publics, des audits ont été lancés pour faire les diagnostics de toutes les entreprises, en cette fin octobre une dizaine d’entreprises a été auditée et nous envisageons de boucler l’opération en juin 2018. C’est un travail  à long termes. Nous avons commencé par des petites modifications pour uniformiser  au niveau les instruments de gestions. Nous travaillons  avec un bureau d’études, le CIF, rattaché au ministère des finances, la 1ère étape a été achevée, elle est validée. Nous entamons donc la 2éme étape, celle des propositions dont éventuellement une autre fusion-absorption, une fois le plan stratégique achevé et approuvé par le CPE

Qu’est ce qui est attendu de cette réorganisation ?

De nouveaux défis économiques s’imposent à notre pays et à l’ensemble des acteurs, notamment ceux de notre secteur. Et il va de soi  que nos entreprises, en leur qualité d’outil de réalisation national doivent  s’affirmer davantage dans le développement du pays. Le rôle que nous devons jouer en tant que Groupe ayant des filiales  qui ont capitalisé une expérience appréciable  et un savoir-faire inestimable n’est plus à démontrer, surtout après la consolidation de nos moyens de réalisations tant humains que matériels.

Pour quels Objectif ? 

Notre objectif essentiel  dans un environnement de plus en plus marqué par la concurrence, est l’amélioration  continue du management pour lequel des actions concrètes et cohérentes  ont été  définies, dans la perspective de bâtir, avec nos partenaires une nouvelle économie performante hors hydrocarbures en s’orientant vers l’Afrique.  Je saisi l’opportunité offerte par cet espace pour mettre en exergue les orientations  du Conseil de Participations et les directives du Ministre des Travaux Publics et des Transports pour guider le Groupe Gitrama  dans  la mise en œuvre de la stratégie du secteur et afficher une nouvelle dynamique qui contribuera à l’essor de l’économie nationale. Notre  ressource humaine et nos outils de production sont aujourd’hui  concernés par les enjeux de croissance et de performance de l’Algérie et se doivent de capitaliser leur savoir-faire et leur métier pour assumer leur rôle dans la réalisation des grands projets structurants d’aménagement, d’entretien et de maintenance  du secteur des travaux publics. Ils se doivent également de s’ouvrir sur le monde, notamment l’Afrique, option désormais affichée par les filiales en portefeuille du Groupe Gitrama.

Vous avez évoqué la ressource humaine qu’est ce qui est fait pour sa mise à niveau ?

Nos métiers ont considérablement évolués ces dernières années, les recrutements s’orientent davantage vers des profils adaptables aux nouvelles technologies car d’une part nos équipements  de réalisations sont à la pointe, nécessitant des connaissances informatiques et technologiques pour assurer et veiller à la maintenabilité en bon état de fonctionnement, pour un meilleur rendement et une longévité, d’autre part , notre offre est devenue globale , nous sommes présents dans des métiers très complémentaire, parfois même, en amont et en aval de la réalisation des projets , avec des phases indispensables de conception, avant que n’interviennent la réalisation et la maintenance.

S’agissant des compétences managériales, des formations sont dispensées pour outiller les cadres, pour mieux appréhender, les nouveaux changements à l’exemple de l’émergence des contrats des Partenariat Publics-Publics et Publics Privés  PPP , qui nécessitent  aussi bien des compétences de financement de conception organisationnelles , logistiques , que stratégiques ou commerciales.

Quelle place pour les jeunes et quelle est votre politique de formation ?

Nous œuvrons dans un secteur qui exige une certaine technicité et une mise à niveau de la ressource humaine,  la formation occupe naturellement une place importante. Notre intérêt pour ce volet est évident et se traduit par la création d’une Ecole des métiers des travaux publics. Nous nous attelons également à développer étroitement des relations avec l’Ecole supérieure des travaux publics ENSTP, l’université et les centres d’apprentissage. Le but étant, entre autre de qualifier les ingénieurs et les cadres du groupe et des filiales au domaine de la recherche scientifique, éventuellement aux côtés des autres groupes et partenaires désireux de s’associer à notre vision.

Des prévisions de recrutements pour les années à venir ?

L’année 2018 sera celle des grands  enjeux et défis, particulièrement pour la filière des travaux maritimes, avec l’inscription de grandes opérations dont la réalisation du port Centre de Hamdania,  j’en profite  pour remercier les pouvoirs publics qui ont permis à l’expertise algérienne à travers Meditram  de s’exprimer à travers cet important  projet. C’est dire qu’avec ces projets  nous pensons nous recruter près d’un millier de personnes pour répondre aux besoins en encadrement, en maîtrise et en ouvriers spécialisés dans le maritime.

Entretien réalisé par S.A.

Entretien paru dans la revue du Salon International des Travaux Publics (SITP2017)