mercredi 14 novembre 2018
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Alger et Paris en phase pour boucler les dossiers en suspens

Pour sa 5eme et probablement dernière visite en Algérie, en tant qu’émissaire d’un président français chargé des relations économiques, Jean Pierre Raffarin peut se frotter les mains.
Il a, en deux jours (25-26 novembre) réussi à boucler pratiquement les dossiers économiques encore en suspens entre Alger et Paris. Et, surtout, baliser la voie à la visite du président François Hollande à Alger, prévue entre les 19 et 20 Décembre 2012.

L’ex-Premier ministre français a en fait bouclé les derniers dossiers lourds de la coopération économique entre l’Algérie et la France: énergie, automobile, construction et industrie pharmaceutique.

C’est pas peu de dire, dès lors que les deux parties ont réussi à mettre de côté des divergences techniques importantes dans la conclusion de projets industriels stratégiques, notamment ceux de la construction d’une usine de production de voitures de la marque Renault en Algérie, et la mise en place d’une joint- venture entre les groupes pétroliers algérien Sonatrach et français Total pour la production d’éthane, un gaz rare, cher et servant notamment dans la technologie de pointe et utilisé également dans l’industrie spatiale. L’optimisme affiché par les deux parties à l’issue de cette visite se mesure ainsi en nombre d’accords conclus, et dont l’annonce, mystérieusement, a été différée pour la visite d’Etat de Hollande à Alger.

Pour M. Raffarin, la coopération économique algéro-française devrait être “plus forte et plus rapide”.

“J’ai entendu un message algérien très fort, il faut faciliter, mais accélérer cette coopération. C’est-à-dire qu’on a un certain nombre de dossiers, mais il faut que la coopération économique soit plus forte et plus rapide”, a-t-il ajouté.

Même ton du côté de Cherif Rahmani, ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion des investissements: ”à partir d’aujourd’hui, je pense à un second souffle dans nos relations qui sera confirmé lors du sommet entre les deux chefs d’Etat”.

“Nous sommes à un grand tournant dans les relations entre les deux pays, car nous sommes dans un monde en transition, en changement et en crise, qui appelle à la convergence entre les deux économies et les deux politiques”, a-t-il estimé.

Cherif Rahmani va plus loin: ”Face aux enjeux économiques et géostratégiques, l’Algérie et la France sont dans l’obligation de se rapprocher.” Les déclarations euphoriques des deux personnalités laissent envisager en fait un rapprochement des points de vue pour la conclusion d’accords prochains dans les quatre dossiers en suspens: l’usine de fabrication de médicament de Sanofi Aventis, un accord entre le cimentier français Lafarge avec le groupe Gica pour la construction d’une cimenterie à Oum El Bouaghi, la production commune entre Sonatarch et Total d’éthane après la réalisation d’une usine de vapocraquage à In Salah aub lieu d’Arzew et, enfin, le clou de ce partenariat ”rénové”, la construction d’une usine Renault en Algérie, prévue à Oued Tlelat, près d’Oran.

”Nous avons évacué tout ce qui est toxique et enlevé tout ce qui est obstacle, et nous avons cerné la solution, nous avons beaucoup progressé” sur les grands dossiers économiques en discussion », a ainsi affirmé Cherif Rahmani lors d’un point de presse conjoint avec l’émissaire français Jean pierre Raffarin.

Pour les dossiers lourds, en l’occurrence les projets des usines de Renault et du vapocraquage d’éthane de Total, “les choses avancent bien même si parfois nous ne communiquons pas les détails”, affirme le ministre qui dit laisser le soin aux chefs d’Etat des deux pays d’annoncer l’aboutissement des négociations lors de leur rencontre de décembre à Alger.

“Il n’y a pas d’annonce (à faire) nous allons laisser aux autorités supérieures le soin d’annoncer les accords auxquels nous allons parvenir”, a-t-il encore précisé.

Un accord pour la réalisation de l’usine Renault a été signé le 25 mai dernier après 15 mois de négociations.

Reste à mettre sur pied une joint-venture entre le constructeur français et la SNVI pour la production dans un premier temps de 75 000 voitures par an à Oued Tlelat.

Et si pour l’usine de voitures Renault, le pacte des actionnaires devrait être signé prochainement selon des sources proches du dossier, pour le projet d’une usine de vapocraquage d’éthane, les discussions entre Total et Sonatrach se concentrent actuellement sur le prix de ce gaz.

“Les discussions actuellement portent sur le prix de l’éthane qui sera livré par Sonatrach à Total”, selon Vincent Dutel, directeur exploration-production de Total Algérie.

Evidemment, tout n’est pas entièrement réglé, selon M. Raffarin qui veut rester prudemment optimiste.

”Sur Renault, les choses avancent bien. Sur Total, les choses avancent très bien”, a-t-il affirmé, soulignant cependant que ces deux
dossiers phares de la coopération algéro-française “ne sont pas encore finalisés”.

In fine, tout serait réglé, du moins les grandes décisions, pour que cela soit annoncé durant la visite de Hollande en Algérie.

Pout autant, la mission de M. Raffarin et de M. Rahmani ne sera pas terminée pour autant.

Par Ali Sassi