mercredi 13 décembre 2017
Download http://bigtheme.net/joomla Free Templates Joomla! 3
Accueil > Entreprise > Arts & métiers > Akram Khelifati , artiste peintre céramiste: « J’ai toujours baigné dans le monde de l’art »
Akram Khelifati

Akram Khelifati , artiste peintre céramiste: « J’ai toujours baigné dans le monde de l’art »

Par Khadidja Mohamed Bouziane

Il a toujours  vécu entouré de tableaux et d’œuvres d’art. Entre  la galerie d’art de son père et l’atelier d’encadrement que possède sa mère, il a côtoyé  l’art sous toutes ses formes.  Les nombreux  dessins qu’il faisait alors pour décorer  sa chambre prouvent son penchant naturel pour la peinture. « Un jour, ma mère s’est amusée à encadrer l’un de mes dessins et l’a laissé dans son atelier. Ce dessin a attiré l’attention d’une cliente qui l’a beaucoup aimé. Cet intérêt pour mon dessin m’a encouragé à persévérer dans cette voie » se rappelle Akram Khelifati  qui, qui a pourtant choisi de faire des études dans le domaine des finances.

 

Couleurs éclatantes, scintillement des fils  d’or, motifs s’inspirant de l’orient, Akram a fini par trouver  son propre style que ce soit pour peindre des tableaux ou décorer différents objets de céramique, bonbonnières, vases, lampadaires, boites.  Un style qui ne ressemble à aucun autre. «  Je ne m’identifie pas à une école précise. Au fil du temps et des innovations j’ai fini par me sentir à l’aise dans l’oriental moderne. J’utilise la technique mixte  en recourant à  différentes peintures et des collages de fils d’or » nous explique t-il. Le bleu éclatant reste la couleur dominante de ses tableaux même si cette tendance varie parfois selon les commandes et aussi selon ses propres inspirations. « Les couleurs de mes œuvres dépendent des commandes que je reçois, mais aussi des périodes que je traverse  et de mes inspirations ».  Son inspiration, Akram la puise dans ses voyages qui sont un vrai enrichissement pour les thèmes de ses œuvres mais aussi pour le choix des couleurs. Si l’art est un don pour Akram, il n’a pas étudié à l’école des beaux-arts et a préféré avoir un diplôme dans le commerce, il n’en demeure pas moins qu’il en a fait sa carrière professionnelle. « En 2009, quand j’ai décroché mon diplôme, j’ai travaillé en tant que comptable pendant trois mois. Cette période a été suffisante pour nous faire comprendre mon employeur et moi que je n’étais pas fait pour ce métier ». Après cette brève  expérience professionnelle, Akram reprend le chemin de la peinture, son premier penchant. Il ouvre alors sa galerie « terre des arts ».  Commence alors une période où l’artiste se met à la peinture sur verre d’abord puis l’abandonne pour la peinture sur toile et la céramique. C’est à travers ces tâtonnements qu’il a fini par trouver son propre style.  Depuis, il travaille sans car, avoir choisi une  carrière professionnelle artistique  ne signifie nullement  que c’est un travail de tout repos. « Je m’impose des horaires de bureau. Le matin, je commence vers 7heures 30, et le soir, il m’arrive de travailler au-delà de 20 heures surtout durant les périodes où je dois terminer des commandes ». Ces périodes se situent la plupart du temps dans les trois derniers mois de l’année à savoir, octobre, novembre, décembre. «  Durant cette période, je travaille avec les entreprises qui passent des commandes pour les cadeaux de fin d’année. Les particuliers aussi sont dans l’esprit d’acheter  et d’offrir des cadeaux. Résultat, je me retrouve à travailler plus que pendant toute l’année. Passée cette période, je passe mon temps dans mon atelier à innover et essayer de nouvelles techniques  ».  Les commandes nous précise l’artiste se font le plus souvent pour les pièces de céramique. « C’est un peu normal, une pièce de  céramique coûte moins cher qu’un tableau qui exige de la toile et des matériaux sans oublier l’encadrement. Et, c’est dans la céramique que les problèmes se posent le plus car la matière première, l’argile blanche est importée mais aussi les couleurs pour sa décoration. S’il y a une rupture de stock de la matière première, c’est l’arrêt de la fabrication ». Mais, il faut reconnaître que si la disponibilité de la matière première gêne l’artiste, elle est souvent temporaire. Ce qui le gêne le plus c’est l’absence de la main d’œuvre pour l’aider. «  Le problème se pose après la fabrication du biscuit par le potier.  Passée cette étape, il faut poncer l’objet, l’essuyer et l’enfourner pendant 10 heures dans un four chauffé à 1000 degrés. Après sa sortie du four, l’objet doit refroidir pendant 20 heures avant d’être décoré. Je voudrais trouver une ou deux personnes pour s’occuper de ces tâches que  j’accomplis  actuellement et qui m’empêchent de faire beaucoup de pièces car, c’est un travail prenant. Or, je n’arrive pas à trouver quelqu’un pour le faire ». En attendant de trouver une personne pour le seconder, Akram à faire ce travail mais aussi, à innover quand la cadence des commandes ralentit. « Cela me permet de proposer à chaque fois de nouveaux thèmes et une technique différente ». En plus des commandes faites par les entreprises, le salon de l’artisanat constitue généralement une bonne opportunité pour l’artiste qui affirme y  réaliser parfois  des ventes intéressantes. « De plus,  beaucoup de gens découvrent mes œuvres à travers ce salon. Certains achètent sur place, d’autres font des commandes ou passent me voir à la galerie. C’est de cette façon que les choses se passent. Le bouche à  oreille fonctionne assez bien aussi. Par exemple une personne qui apprécie mon travail envoie une autre personne de son entourage et ainsi de suite. C’est pour cette raison qu’il serait plus intéressant pour les artistes qu’il y ait au moins deux éditions du salon de l’artisanat » affirme Akram qui a été obligé, par manque de stationnement et donc de clients, de fermer sa propre galerie et,  dispose actuellement d’un espace dans la galerie d’art de son père.