mercredi 20 juin 2018
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Aïn Defla devrait encourager l’industrie agroalimentaire ..

Une vocation agricole de premier ordre et une base industrielle naissante, la wilaya de Aïn Defla présente une dynamique de croissance à encourager.
Fabrication d’aluminium et de tubes, production pharmaceutique, aliments de bétail, construction métallique sont, entre autres, les unités productives visitées par le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, qui n’a pas manqué de féliciter ces investisseurs.
« Je voudrais qu’ils soient des exemples », a-t-il déclaré. Tout comme il n’a pas caché sa déception de ne pas voir beaucoup de projets dans l’agroalimentaire.
« Cette wilaya est d’abord à vocation agricole. Elle est à même de créer de l’excédent et d’être une base pour une industrie agroalimentaire »

Distante de 145 kilomètres d’Alger, la wilaya de Aïn Defla présente, de par sa situation entre le littoral et les Hauts-Plateaux ainsi que par la liaison qu’elle offre entre la région Est et Ouest du pays, une position centrale des plus intéressantes.
Ses potentialités agricoles ne sont plus à présenter, elle est classée au premier rang dans la production de la pomme de terre qui couvre près de 30% des besoins du marché.

À travers la visite effectuée par le ministre de l’Industrie et des Mines, il ressort que la wilaya a aussi une ambition industrielle qui mérite l’attention.
Première destination de la délégation ministérielle, la zone d’activités d’El Attaf où deux projets seront visités.
Le premier, un projet ambitieux qui fait dans la transformation des métaux non ferreux, notamment les profiles d’aluminium.
L’usine Metalco Extrusion dispose d’un capital social de 1,3 milliard.

Elle est en phase d’essai avec une production initiale de 7000 tonnes par an et compte arriver, une fois opérationnelle, à une production de 12 000 tonnes par an.
L’étude du projet a été présentée à l’ANDI en 2008 et le projet a été jugé ambitieux et créateur de richesses.
La deuxième unité visitée, Maghreb Tubes, est spécialisée dans la fabrication de tubes en acier soudé en spirale, de différents diamètres.

Elle s’étend sur une superficie de 70 000 m2. Son entrée en activité est annoncée pour la fin de l’année en cours.
Elle dispose d’une capacité de production de 50 000 tonnes par an et compte employer 193 personnes.

Deuxième étape de la visite ministérielle, la zone industrielle d’Aïn Defla qui s’étend sur 164 hectares et compte 50 entreprises privées et 49 publiques activant dans divers secteurs comme l’agroalimentaire et les matériaux de construction.

Cette zone a bénéficié, en 2009, d’une réhabilitation partielle.
Le projet SIM-SANDERS est un partenariat entre la semoulerie industrielle de la Mitidja et le leader français dans la fabrication de l’aliment de bétail, filiale du groupe Avril.

Ce partenariat qui a vu le jour en 2011, vient pour combler un déficit constaté en aliments de bétail « que ce soit en quantité ou en qualité et, surtout pour la filière bovine », explique Abdelkader Taieb Ezzraimi, P-DG de SIM.
Cet investissement a nécessité une enveloppe de 1,3 milliard de dinars et permet à SIM SANDERS de produire 150 000 tonnes d’aliments par an.
Le savoirfaire des deux parties permettra à la nouvelle société de fournir des aliments de qualité.

« Nous essayerons d’apporter des solutions alimentaires adaptées aux besoins des éleveurs algériens avec pour but d’améliorer la conduite des troupeaux ainsi que la qualité des produits ; à savoir viande rouge, viande blanche et lait ».

L’usine permettra aussi de développer les matières premières locales comme les grignons d’olive, le caroube, les coques d’amandes, etc.
La diversité des secteurs d’activité dans cette zone est remarquable.

En effet, c’est au tour de l’entreprise IMEDICA PHARM d’être visitée par le ministre qui, après avoir écouté les explications de son premier responsable, procédera à son inauguration.
Sur une superficie de 6000 m2, et un investissement de 800 millions de dinars, ce laboratoire envisage de produire une gamme variée qui touche la sphère digestive, le dermatologique et les maladies chroniques.
Elle sera réellement opérationnelle en 2018 et compte produire 80% de médicaments générique et 20% de médicaments d’origine.
La visite de l’unité de fabrication de canalisation hydraulique, ALCAHYD, du groupe AMENHYD, ne manque pas d’intérêt avec des millions de mètres carrés de géo-synthétique, des conduites d’eau, des barrages, des stations de pompage d’eau.

Pour sa part, l’entreprise BATIMETAL, spécialisée dans la charpente métallique, le montage sur site et la vente d’ouvrages en construction métallique, a suscité l’intérêt du ministre qui a évoqué l’importance de la charpente métallique dans le secteur du bâtiment et l’orientation vers ce procédé qui est plus économique, solide et permet un gain de temps précieux.

Le foncier industriel inexploité sera récupéré

La rencontre avec les investisseurs était un encouragement pour nombre de ces derniers dont les projets présentent des innovations mais c’était aussi une mise au point nécessaire, surtout, pour le foncier industriel. En effet, « 60% du foncier industriel attribué par le comité d’assistance à la localisation et à la promotion des investissements et la régulation du foncier (CALPIREF) est à l’abandon.
L’Etat ne manquera pas de récupérer ces terres non exploitées »
, affirme le ministre qui annonce, à cette occasion, que les responsables des collectivités locales et le secteur public marchand sont chargés d’identifier le foncier attribué par le CALPIREF et toujours non exploité.
« Nous avons besoin de récupérer tout le potentiel existant ».
En effet, de nombreux investisseurs délaissent le foncier dont ils ont bénéficié dans le cadre de la cession.

Dans la zone industrielle d’Aïn Defla, les responsables affirment que 13 lots sont inexploités.
Des solutions sont envisagées pour ce foncier qui sera récupéré par l’Etat dans le cadre de la Loi de finances 2015 où des mesures stipulent que les terres qui entrent dans le cadre privé de l’Etat et qui ne sont pas exploitées, soient récupérées.
Pour les propriétaires de terres qui disposent d’actes de propriété, il est question qu’ils versent 3% de la valeur vénale de ce bien.
Cette mesure sera applicable à partir de l’année 2016.

Le ministre a aussi encouragé les industries naissantes : « Il faut tout un travail de communication pour réorienter les priorités. Investisseurs, Chambres de commerces et pouvoirs publics doivent réunir leurs efforts ».
Mais, si le ministre a félicité les investisseurs dont les projets sont de haute qualité, il n’a pas manqué de soulever des remarques sur la zone industrielle d’Aïn Defla qui présente un manque flagrant du réseau d’assainissement ainsi que d’un plan anti-incendie, « Ceci est inadmissible », a-t-il fait remarquer.
Tout comme il a signalé que la superficie prévue pour le nouveau parc industriel, 57 hectares, est insuffisante par rapport aux potentialités existant dans cette région.
« Il faut étudier la possibilité d’une extension pour arriver à au moins 150 hectares ».
Accélérer la mise en oeuvre et la réhabilitation des zones industrielles est l’une des priorités du département ministériel de l’Industrie qui ne ménage aucun effort pour assurer à la wilaya toutes les conditions nécessaires pour se développer.

Le ministre a beaucoup insisté sur la vocation agricole de la wilaya et comment en profiter pour asseoir les bases d’une industrie agroalimentaire pérenne. «Aïn Defla est une wilaya à vocation agricole par excellence.
Elle est à même de produire de l’excédent qui doit être le point de départ pour la transformation et une industrie agroalimentaire forte.
Il n’est plus question d’importer les produits fabriqués en Algérie et tous les efforts de l’Etat sont mobilisés pour relancer et valoriser les produits locaux.
Il est vrai que la wilaya dispose d’une base industrielle mais il faut dire qu’elle reste encore insuffisante.
La Loi de finances 2015 et la Loi de finances complémentaire 2015 ainsi que le projet de loi de finances 2016 encouragent l’investissement productif.
Elles offrent des facilitations et des encouragements, y compris pour le foncier industriel »
.

Par   Khadidja Mohamed Bouziane