jeudi 15 novembre 2018
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Africafé, l’export à bout du doigt

L’innovation s’érige comme une planche de salut pour les torréfacteurs de café dans un marché caractérisé par la prolifération d’une multitude de marque, dont la qualité laisse, par moment, à désirer.

La progression de certaines marques qui ont compris le salut de l’innovation bouleverse le marché vers la normalisation de l’offre.

La dosette se révèle comme un nouveau moteur de croissance.

C’est le créneau dans lequel s’investit désormais Africafé.

Cette entreprise à l’ambition grandiose vient de développer une nouvelle approche de commercialisation qui n’a jamais existé dans le domaine de la torréfaction et la vente de café.

L’entreprise de Fouad Hamdani, dont le métier de torréfaction est devenu une réelle affaire de famille, vient d’inaugurer le premier point de vente de ses produits à Alger, dont la dosette à café, nouvellement mise sur le marché.

Alors que ce torréfacteur qui jouit d’une langue expérience dans le domaine poursuit sa croissance vers la qualité et l’innovation, d’autres tentent de s’adapter à la nouvelle donne.

La taille du marché a cru de manière exceptionnelle depuis la fin du monopole public début des années 1990, ce qui a profité à tous les opérateurs qui se sont implantés sur le marché.

Mais cette dynamique ne suffisait pas à développer de nouvelles approches de marketing et de production.

En d’autres termes, la hausse de l’offre est loin de compenser le déficit en qualité et en normalisation, avant le lancement par certains opérateurs, dont Africafé, de la dosette à capsule.

C’est un investissement qui a nécessité 100 millions de dinars, soit 10 milliards de centimes, à en croire le patron d’Africafé, Fouad Hamdani, rencontré dans les locaux du premier point de vente de son entreprise, sis à Alger- Centre.

L’entreprise commercialise plusieurs goûts dont la Classic, la Prestige (100 % robusta), l’Excellence (mélange savoureux de robusta et d’arabica) et la Royal (100 % arabica).

« Notre métier, est et sera l’enrichissement du goût du café pour le plaisir de notre clientèle », nous dira le PDG d’Africafé (voire l’entretien de Lynda Touati).

Grâce à cet ultime investissement, l’ambition de l’entreprise d’explorer le marché national, à travers l’ouverture de plusieurs autres points de vente, se consolide en attendant l’expédition des premières cargaisons de café à dosettes vers le marché international.

L’évolution de la demande, en quantité et en qualité, est une réponse à la volonté de Africafé à se développer sur les deux marchés. L’ambition, en chiffres, consiste à écouler 12 millions de capsules sur le marché national et 15 millions à l’export.

M. Fouad HAMDANI, Président Directeur Général d’Africafé
« L’investissement dans les dosettes a nécessité 100 millions de dinars »

DZEntreprise : Vous venez d’ouvrir le premier point de vente de vos produits en Algérie, une première dans le domaine de la torréfaction de café, parlez-nous du parcours de votre entreprise pour aboutir aujourd’hui à cet investissement ?

M. Fouad HAMDANI : Africafé est une société de torréfaction de café qui a été créée par moi-même en 1975. Et avant cette date, notre famille a blanchi sous le harnais dans le domaine de la torréfaction de café.
C’est vous dire sous nous cumulons en tout 130 années d’expérience dans cette activité.
Mon arrière- grand-père a commencé cette activité dans les années 1880. Mon grand-père, mon père et ensuite moi avons pris le flambeau et nous nous sommes investis dans ce métier qui devient, pour vous le dire, une affaire de famille.
Une expérience familiale. Mes enfants viendront prendre la relève je l’espère. Car, il s’agit de tout un label qu’il faudra sauvegarder. Voire toute une histoire. Laquelle histoire s’était limitée depuis toujours à la région de l’Ouest car nous n’avions pas eu, avant cette nouvelle expérience, cette ambition de se développer sur le marché national et international.
Les moyens et autres circonstances ne le permettaient pas jusqu’ici.
Aujourd’hui, avec les moyens matériels et humains dont nous disposons, nous avons voulu externaliser cette croissance de l’entreprise, développer de nouveaux produits et explorer le marché national dans sa globalité, voire même s’investir dans le métier de l’exportation.

DZEntreprise : Parallèlement à votre développement sur le marché national, vous avez affiché récemment une ambition de vous investir dans l’exportation, pouvez-vous nous en parler davantage ?

M. Fouad HAMDANI : Nous sommes effectivement en négociation avec bon nombre de clients à l’international.
Nous menons des discussions avec des clients d’Egypte, de Tunisie, du Maroc, de Jordanie, d’Espagne et d’autres établis en Turquie. Nous sommes actuellement au stade de concertation quant aux modalités pratiques de placer nos produits à l’international.
Ces modalités diffèrent d’un client à l’autre ; certains veulent labelliser le produit à leur manière, d’autres l’écouler sous notre label. Mais les concertations avancent pour aboutir à un consensus qui arrangera tout le monde.
Les choses vont au fur et à mesure se dessiner plus clairement avant la fin de l’année en cours.
Notre priorité bien sûr est celle d’exploiter le marché national avec, à la clé, cette ambition de nous installer dans les grandes villes en premier lieu à travers des points de vente propres à notre société.
L’ouverture de notre premier magasin en Algérie, à Alger plus précisément, s’inscrit en droite ligne de cette ambition de se positionner sur le marché national.
Je parle surtout pour ce qui est de la commercialisation des dosettes en capsules.
Cette nouvelle approche de commercialisation à travers l’ouverture de points de vente propres à l’entreprise sera généralisée à travers tout le territoire national.
Parallèlement à cette œuvre, nous envisageons de faire aboutir les négociations avec nos clients pour envoyer les premières cargaisons dès l’année prochaine vers l’exportation.

DZEntreprise : Cet investissement dans les dosettes de capsules répond-il à une demande fortement ressentie ?

M. Fouad HAMDANI : La demande existe bel et bien. Mais nous avons ressenti cette obligation d’aller vers les dosettes en capsules. Il est vrai que nous sommes une société qui s’est investie depuis toujours dans la torréfaction de café, nous sommes tout de même appelés à suivre l’évolution du marché et de la demande, de plus en plus croissante, mais surtout exigeante. Nous estimons que nous sommes un peu en retard dans notre réponse à cette demande.
Je ne parle pas de Africafé, mais de l’ensemble de l’offre existante sur le marché.
Notre investissement dans la capsule à café répond donc à ce souci de suivre la demande et satisfaire les aspects liés à la qualité. C’est un produit qui s’exporte très bien aussi, au-delà de cette ambition de répondre à une demande en évolution permanente sur le marché national.
Nous avons quatre types de qualités commercialisables sur notre premier point de vente.
Nous avons, à titre d’exemple, la 100% arabica, le mélange arabica/robusta, la 100% robusta et la décaféinée qui viendra sur le marché sous peu, en attendant l’investissement dans d’autres produits.

DZEntreprise : Parlez nous de votre entreprise en quelques chiffres ?

M. Fouad HAMDANI : Depuis 1993, date de la libéralisation du marché et de la fin des situations de ponopole public, Africafé s’est développée pour devenir une Sarl, alors qu’elle n’était jusque-là qu’une simple unité de torréfaction.
La société garde toujours son cachet familial.
Pour répondre à votre question, les résultats sont positifs, mais tous les bénéfices sont automatiquement réinvestis. Nous venons de réaliser un ultime investissement de 100 millions de dinars dans le domaine de la capsule.
Nous continuerons à investir dans d’autres produits car nous jugeons que nous n’avons pas encore atteint le niveau d’investissement souhaité.
Notre objectif est d’atteindre dans les trois années à venir 12 millions de capsules commercialisés annuellement et 15 millions à l’export.

Propos recueillis par Lynda Touati