lundi 18 juin 2018
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Abdelkader Benamara, Directeur technique de Novapharm « Nous sommes un acteur majeur du générique »

Avec une soixantaine de produits toutes formes galéniques confondues et une quinzaine de nouveaux produits lancés chaque année, le laboratoire Novapaharm est un acteur majeur dans la production des médicaments génériques, dans un marché en pleine croissance. Une croissance encouragée par l’interdiction  instaurée en 2008 d’importer des médicaments fabriqués localement.  Cette position dans le marché du médicament  n’est pas le résultat du hasard, elle est le fait d’une politique intelligente «  nous ne produisons pas juste pour produire mais, pour répondre aux besoins exprimés par les malades » nous explique le responsable commercial de Novapharm M Kahlane. Pour connaître les besoins du marché, une cellule de veille réalise des études de marché qui sont le point de départ pour planifier la production. Deux unités de production, la deuxième réalisée en partenariat avec l’Allemand Merck et opérationnelle depuis novembre 2015, pour la production de médicaments antidiabétiques et anti hypertenseurs, dénotent les ambitions que comptent atteindre les responsables du laboratoire. En parallèle, une gamme de produits dermo cosmétique est lancée. C’est en compagnie du directeur technique de Novapharm , Abdelkader Benamara, titulaire d’un master en industrie pharmaceutique, que nous faisons le tour de l’unité de production où les normes de sécurité et d’hygiènes sont des plus rigoureuses. « C’est une industrie de pointe où l’erreur n’est pas tolérée » nous affirme t-il. Dans l’entretien qui suit, il nous retrace l’historique de Novapharm, le démarrage de la production, les différentes gammes, l’importance que le laboratoire accorde à la ressource humaine à travers une formation continue, le désir du laboratoire de s’agrandir et surtout d’investir dans la gamme biotech, c’est-à-dire des médicaments de haute technicité  pour assurer à l’Algérie une certaine autonomie.

vous êtes un acteur, parmi d’autres, à fabriquer le générique. Quand avez-vous commencé  cette activité et depuis quand êtes vous  dans la production ?

L’entreprise existe depuis 1996 mais, n’a pas investi tout de suite dans la production.  Au commencement, il était surtout question pour nous  d’importer des médicaments. Dés l’année 2003, nous nous sommes mis dans le conditionnement des médicaments ; ce n’est qu’après la promulgation de la loi 2008 qui interdit l’importation de médicaments, tout comme elle encourage la production locale de médicaments, notamment le générique, que nous avons réellement envisagé de nous lancer dans la production. Il faut dire que cette loi était vraiment la bienvenue pour une industrie naissante et qui était sérieusement concurrencée par des importations tous azimuts. A partir de l’année 2010, nous avions entamé la production avec les produits pâteux. En 2011, nous avions lancé la production des formes sèches, c’est-à-dire comprimés et gélules. Nous produisons une soixantaine de médicaments toutes spécialités confondues. Durant l’année 2011 et, en parallèle des médicaments,  nous avons lancé une gamme de produits dermo- cosmétiques, une crème hydratante pour visage, une crème hydratante pour mains et une crème solaire écran total pour visage et corps. Nous avons aussi l’exclusivité d’un lecteur de glycémie parlant, qui existe déjà en arabe et en français et bientôt en Amazigh. En 2015, une deuxième unité en partenariat avec le groupe Allemand Merck, a commencé la production dans les médicaments antidiabétiques et anti hypertension.

Le marché du médicament est en pleine croissance. Dans cette multitude, prés de 90 acteurs, où se positionne Novapaharm d’autant que vous avez investi dans la production il y a seulement quelques années ?

Nous pouvons dire, sans aucune prétention, que nous sommes un acteur majeur dans la production du générique surtout l’antifongique et l’antidiabétique. Si au départ nous n’avions pas les compétences requises pour la fabrication du générique nous avons remédié à cela à travers les différentes  formations que nous assurons   à  notre personnel. Nous lançons aussi chaque année entre 10 et 15 nouveaux produits sur le marché. L’on peut dire que nous ne produisons pas juste pour produire. Nous avons une cellule de veille qui réalise des études de marché et nous informe sur les besoins de ce même marché. C’est en fonction de ces informations que nous planifions notre production. Actuellement nous comptons 250 personnes sur site et nous envisageons de nous agrandir et donc de recruter encore plus.

De nombreux opérateurs économiques dans divers secteurs se plaignent du manque de la ressource humaine qualifiée, qu’en est –il pour vous, qui activez dans une industrie pointue ?

Trouver des gens formés dans l’industrie pharmaceutique n’est pas facile alors, nous avons contourné le problème en recevant dans nos laboratoires des  étudiants de la faculté de Pharmacie pour des stages pratiques dans nos laboratoires. Nous acceptons aussi d’autres profils comme les chimistes et  les biologistes. Les universités d’Alger, de Blida et de Tipasa, sont nos pourvoyeuses en ressources humaines.  Quand leur période de stage prend fin, nous leur proposons de les prendre chez nous. Avant qu’ils ne commencent à travailler dans les unités de production, ils bénéficient d’une formation de trois mois dans les bonnes pratiques de fabrication. La formation ne s’arrête pas là puisque tous les six mois des recyclages ont lieu surtout pour les responsables du laboratoire de qualité. Nous avons un plan de formation aussi bien en interne qu’en externe. Nous tablons beaucoup sur la formation continue dans une industrie qui évolue continuellement. Et, comme la production augmente à chaque fois, nous sommes dans une logique de recrutement permanente.

L’industrie pharmaceutique est la seule à ne pas être touchée par la crise. Cela vous encourage certainement à investir le marché encore plus et à vous positionner encore mieux…

Il est vrai que l’industrie du médicament est toujours en pleine croissance vu que les besoins exprimés par les malades sont de plus en plus importants. Mais, il faut dire que pour nous qui importons les matières premières essentielles pour la fabrication, il y a aussi un contrecoup car, nous   sommes plutôt pénalisés par la dévaluation du dinar qui a atteint prés de 38%. Résultats, les prix des matières premières sont de ce fait plus chers tandis que les prix des médicaments sont les mêmes.  Malgré cela, c’est un secteur qui évolue sans cesse et où la demande connaît une dynamique à même de booster la fabrication.

Nous avons constaté une grande rigueur dans votre unité de production du générique. Les pratiques d’hygiènes sont très strictes, les notes explicatives sont affichées pour rappeler au personnel ces mêmes pratiques. Sont-elles respectées  ?

L’industrie pharmaceutique est des plus pointues et nous n’avons pas le droit à l’erreur. Il s’agit de produits dont la visée est de préserver la santé. C’est pour cette raison qu’il est primordial d’instaurer un environnement des plus sécurisés. Dans cette industrie, la certification essentielle est le respect des exigences les plus strictes qui répondent au standard international de bonnes pratiques de formation. Nous disposons d’un laboratoire de recherche et de développement pour assurer le transfert et la faisabilité. Nous avons aussi un laboratoire de contrôle de qualité agrée par le laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques. C’est vous dire que le contrôle est lié à toutes les étapes de fabrication. Sans oublier que le laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques qui surveille l’innocuité de ces médicaments. Le département assurance qualité veille pour sa part sur la qualité des produits fabriqués. En plus de ces mesures nous préparons toutes les démarches pour aller vers une certification Iso. Toutes les exigences constatées dans l’unité de production s’inscrivent dans cette logique.

Qu’envisagez –vous pour l’avenir de Novapharm ?

Notre objectif est clair. Nous voudrions offrir de nouveaux médicaments  générique toutes gammes confondues. Il est vrai que l’industrie du médicament est en plein croissance, il reste aussi que c’est un marché plutôt concurrentiel. En 206, les chiffres affirment que 70% des médicaments sont fabriqués localement. Le reste, c’est-à-dire 30%  comprend les médicaments de haute technicité, la biotech. Ce sont les médicaments issus de la biotechnologie, autrement dit les médicaments du futur.  Nous avons cette volonté d’aller vers cette gamme de médicaments. Il n’y a aucune raison pour que ces médicaments ne soient pas fabriqués en Algérie. Dans un autre volet, nous voudrions bien investir dans la gamme dermo cosmétique. Alors, il serait vraiment encourageant qu’il y ait une loi similaire à celle de 2008 pour l’interdiction  de l’importation des cosmétiques fabriqués localement. Ce serait un pas vers la démocratisation de ces soins des soins dont la qualité est assurée contrairement à certaines importations.

Khadidja Mohamed Bouziane