mardi 13 novembre 2018
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La 3G renvoyée aux calendes grecques

Les déclarations contradictoires à son sujet s’enchainent.

L’introduction de la téléphonie de 3e génération en Algérie, ou la 3G, n’est de toute évidence pas pour demain.

Promise pour fin 2012, cette technologie, devenue banale dans les pays maghrébins voisins, reste pourtant inaccessible aux Algériens, suspendus depuis maintenant deux années aux promesses du ministre de la Poste et des TIC. Et, depuis quelques semaines au bras de fer entre celui-ci et l’ARPT, officiellement l’agence qui octroie les licences pour ce type de technologie associant la voix et les données (data).

Pourquoi donc tout ce bruit autour d’une technologie, avec son lot de valeur ajoutée pour les entreprises investissant dans cette filière très rentable, qui a du mal à s’introduire en Algérie? Il faut ainsi juste dire que dans la 2G, la technologie actuellement en vigueur en Algérie, oubliée ailleurs, il y a 80% de voix (téléphonie) et seulement 20% de data (données), c’est- à- dire que celle-ci ne supporte pas de grands flux pour l’Internet mobile.

Au contraire de la 2G, la téléphonie mobile de 3e génération compte 80% de données et 20% de voix.
Pour l’Internet mobile et le transfert de données par paquets via le Web, c’est le réseau (presque) idéal, avant qu’il ne soit détrôné par la 4G. En Algérie, malheureusement, la situation reste confuse.

Au tout début du mois d’avril dernier, le ministre de la Poste et des TIC avait annoncé, un peu hâtivement peut- être , que le dossier était pratiquement bouclé, avec la fin « dans deux semaines des discussions » entre le ministère des Finances et les repreneurs d’Orascom télécoms Algérie, le Russe Vimplecom.

Il faut juste savoir à ce niveau que les horizons de la 3G ont été pratiquement bouchés par le droit de préemption qu’a voulu exercer l’Algérie dans le rachat de Djezzy via sa maison mère, après que le patron d’OTH (Orascom Télécoms holding) l’égyption Naguib Sawiris avait voulu en 2011 la vendre au sud- africain MTN.

L’Algérie, on s’en souvient, avait imposé son droit de préemption et était entrée en négociations pour le rachat de Djezzy, dont la valeur ferait reculer plus d’un: 7 milliards de dollars, une somme reprise et réclamée ensuite par Vimplecom.

L’Algérie, pour se faire accompagner dans ce processus difficile et délicat, avait fait appel à un cabinet d’études français Shearman and Sterling LLP-France pour l’évaluation de la valeur de Djezzy-OTA.

Depuis, le ministère des Finances n’a pas donné le chiffre de cession du 1er opérateur de téléphonie mobile sur le marché algérien, et les négociations traînent toujours.

Au point que fin avril, M. Djoudi répond à son collègue des PTIC qu’il n’avait jamais avancé de date pour la fin des négociations avec Vimplecom et que les déclarations de Benhamadi n’engageait que lui- même.

Bref, c’est toujours le flou dans ce dossier, et la 3G n’est pas pour demain, combien même les négociations avec les propriétaires de Djezzy aboutissent car, entre temps et mystérieusement, le ministre des PTIC avait annoncé à la mi-avril 2013 que la priorité pour son ministère, c’est- à -dire le gouvernement, etait de développer l’installation de la fibre optique un peu partout dans le pays.

Comme pour dire que le moment n’est pas encore venu pour l’introduction de la 3G en
Algérie.

Un retard extrêmement pénalisant pour les start-up en cours d’incubation, pour un marché potentiel de plus de 20 millions d’abonnés et un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de dinars.

Autant dire dès lors que le retard dans l’introduction de la 3G en Algérie vaut au moins 1% de croissance de l’économie nationale et un déficit de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects.

Par Ali Sassi